«ALEXANDRE.»
LE MAJOR GÉNÉRAL AU MARÉCHAL MARMONT.
«Fismes, le 5 mars 1814,
neuf heures du matin.
«L'Empereur, monsieur le duc de Raguse, me charge de vous faire connaître que les agents envoyés cette nuit à Soissons ont été jusqu'aux portes de la ville par la rive gauche, et ont vu, de l'autre côté de l'Aisne, de grands feux. L'intention de Sa Majesté est de passer l'Aisne à Béry où il y a un pont de pierre, à Maisy, où Sa Majesté fait jeter un pont de chevalets, et au pont d'Arcis où le duc de Trévise a l'ordre d'établir aussi un pont sur chevalets. Mettez à cet effet vos compagnies de sapeurs à sa disposition: telle est l'intention de l'Empereur. Sa Majesté pense qu'avec votre corps vous devez barrer la route de Château-Thierry en vous tenant dans la position de Busancy et Hartennes: vous vous porteriez sur Soissons si l'ennemi évacuait la ville; et, s'il ne l'évacue pas, vous vous porterez sur Braines aussitôt que le pont d'Arcis sera terminé. Nous devons être entrés ce matin à Reims.
«Le prince vice-connétable, major général,
«ALEXANDRE.»
LE MAJOR GÉNÉRAL AU MARÉCHAL MARMONT.
«Fismes, le 5 mats 1814,
onze heures du matin.
«Monsieur le duc de Raguse, si vous n'êtes pas entré à Soissons, l'intention de l'Empereur est que vous vous rendiez cette nuit à Braines. Le quartier général de l'Empereur sera ce soir à Béry-au-Bac.
«Nous nous sommes emparés de Reims où nous avons fait deux mille prisonniers, pris deux cents officiers et trois mille hommes aux hôpitaux, ainsi que beaucoup de bagages. L'Empereur va marcher demain sur Laon par Béry-au-Bac où il y a un pont de pierre.