LE MAJOR GÉNÉRAL AU MARÉCHAL MARMONT.
«Troyes, le 3 février 1814,
onze heures et demie du soir.
«L'Empereur a appris avec plaisir, par votre aide de camp, les succès que vous avez obtenus sur l'ennemi. Je ne reçois votre lettre datée d'une heure après midi qu'à dix heures du soir; c'est bien long: je ne sais d'où vient ce retard de l'estafette. Je donne l'ordre au général Sorbier de faire partir sur-le-champ votre parc pour Arcis. Envoyez en avant pour accélérer son arrivée. Vous savez que le général Ricard est à Aubeterre.
«Le prince vice-connétable, major général,
«ALEXANDRE.»
LE MAJOR GÉNÉRAL AU MARÉCHAL MARMONT.
«Troyes, le 3 février 1814,
quatre heures du matin.
«L'Empereur ordonne qu'avec votre corps vous vous portiez en toute diligence sur Nogent-sur-Seine, afin de garder le pont de cette ville, qui pourrait être menacé par la colonne qui a passé devant Arcis depuis hier. Vous prendrez aussi le commandement d'une division de l'armée d'Espagne qui doit arriver, demain, 6, à Provins. Il est nécessaire que vous preniez une position sur la rive droite de la Seine qui commande ce débouché important.
«L'Empereur se porte en toute diligence à Nogent-sur-Seine; il sera ce soir à la hauteur de Méry.
«Il sera nécessaire, monsieur le maréchal, que vous fassiez garder le pont de Méry, jusqu'à ce que la troupe que vous en chargerez puisse être relevée par les premières troupes de l'armée qui viendront de Troyes, afin qu'aucun parti ne passe la Seine et n'inquiète la marche.