L'agitation se changea bientôt en tumulte. Dès sept heures, les désordres prirent le caractère le plus hostile. On brisait partout les armes de France; on coupait les cordes des réverbères; on traînait les drapeaux blancs des mairies dans le ruisseau, et on criait: À bas les Bourbons!

J'écrivis immédiatement au roi pour l'informer de ce qui se passait.

J'envoyai partout l'ordre aux troupes de sortir des casernes aussitôt après avoir mangé la soupe, et de s'établir de la manière suivante:

Le 1er régiment de la garde, boulevard des Capucines, avec deux pièces de canon et cent lanciers;

Le 6e à son arrivée de Saint-Denis, devait se placer en réserve à la Madeleine;

Le 3e de la garde et deux cents lanciers sur le Carrousel, aussitôt après avoir été remplacé par le 2e régiment venant de Versailles, avec le 2e de grenadiers à cheval;

Le 15e régiment fut placé sur le pont Neuf;

Le 5e et le 50e sur la place Vendôme;

Le 53e et les cuirassiers sur la place de la Bastille.

À huit heures, je fus informé que, par la plus étrange fatalité, deux gendarmes d'élite, chargés de porter ma lettre au roi, l'avaient perdue. Le mal était fait, il fallait se hâter de le réparer. J'écrivis une autre lettre qui lui parvint sans retard [6].