«Votre général en chef a reçu sa confirmation; si l'on juge les hommes par leurs actes ostensibles, le général Menou obtiendra l'assentiment général; il faut être sur les lieux, comme vous, pour apprécier son vrai mérite.
«Lacroix et … sont toujours avec moi; le premier se propose de vous donner directement des nouvelles détaillées; j'ai autour de moi peu de personnes de votre connaissance.
«Adieu, mon cher Reynier, j'ai beaucoup regretté la perte de ce pauvre
Kléber, enthousiaste, comme vous, de votre expédition.
«On assure que douze à quinze mille Anglais sont allés vous rendre visite, vous leur ferez probablement la même réception qu'ils ont reçue de nous en 94.
«Je vous embrasse, ainsi que Millet,
«Signé MACDONALD.»
Les préliminaires de la paix ayant été ratifiés à Paris, le premier consul envoya un de ses aides-de-camp, le général Lauriston, les porter à Londres, où ils furent échangés. Le canon des Invalides annonça bientôt cet événement; la satisfaction fut générale, et alla jusqu'à l'ivresse. Les puissances contractantes, la France, l'Espagne et la Hollande d'une part, et l'Angleterre de l'autre, s'étaient engagées à envoyer des plénipotentiaires à Amiens. Nous touchions à une paix générale; les relations extérieures de France travaillaient avec ardeur à l'obtenir.
CHAPITRE XXVI.
Congrès de Ratisbonne.—Lord Cornwallis.—Négociations d'Amiens.—Communications au sujet des affaires d'Italie.
M. de Talleyrand avait hâté l'exécution des dispositions du traité de Lunéville, d'après lesquelles on devait fixer les indemnités que devaient recevoir les princes de l'Empire qui avaient éprouvé quelques pertes, tant par les concessions faites à la France que par les nouveaux arrangemens qui avaient eu lieu en Allemagne. Il avait fait presser, autant que possible, les opérations de cette assemblée, afin de constater le nouvel ordre de choses. Il lui semblait qu'on ne pouvait terminer trop tôt des difficultés de nature à entretenir l'aigreur et à empêcher la France de consolider sa nouvelle fortune.