Il est connu que sous votre ministère vous n'avez cessé de modérer les passions violentes de Bonaparte; vous désiriez que les longs malheurs de l'Europe finissent avec lui et par lui; mais telle n'a pas été la volonté du destin; votre nom se rattache à un grand événement, et je me féliciterai Cette part n'est pas douteuse; toujours de la faible part que j'y ai mais avec de tels sentimens, eue. La funeste catastrophe sur comment avez-vous pu, moins d'un laquelle on a de nouveau attiré an auparavant, avoir mis votre nom l'attention, a été suffisamment connue au bas de la délibération de la avant le temps, pour pouvoir être section du conseil d'État dont attribuée à qui elle appartient, vous faisiez partie alors, et qui Bonaparte seul, mal informé par ce que condamnait le respectable M. la police avait de plus vil, et Frochot (préfet de la Seine), pour n'écoutant que sa fureur, se porta à ne pas s'être opposé avec assez de cet excès sans consulter; il fit force à l'entreprise de Mallet, le enlever le prince avec l'intention de 23 octobre 1812? le tuer! Il est déplorable de devoir de nouveau s'occuper de faits qui Il me semble que cette sentence, déshonorent autant cette pauvre signée par vous, est devenue la humanité. vôtre; il ne faut qu'attendre le jour de la justice. Ce ne sont Si vous me faites l'honneur de me pas, comme vous le dites, les répondre, mon prince, veuillez envoyer agens de police qui ont trompé votre lettre à mon hôtel, d'où elle me l'empereur, puisqu'elle ne s'est sera transmise, et agréez l'hommage pas mêlée de cette affaire. respectueux et dévoué que je vous offre. Non, Monsieur, l'empereur n'a point fait enlever ce prince avec DALBERG. l'intention de le tuer; si toutefois c'était votre opinion, vous seriez mille fois coupable de n'en avoir pas prévenu votre cour lorsqu'il en était temps encore, comme on le voit par votre correspondance elle-même.

Mais soit que vous fussiez coupable, ou que vous n'ayez été que trompé, que n'est-on pas autorisé à penser en vous voyant moins de deux ans après dans les intimités de la politique de celui que vous outragez si ingratement?

§ XVI.

Copie de la lettre de M. le baron de Berstett.

Carlsruhe, le 16 novembre 1823.

Monsieur le duc, Aussitôt après la réception de la lettre que V. E. m'a fait l'honneur de m'adresser en date du 12, je me suis occupé, conformément à ses désirs, à parcourir la série de sa correspondance officielle de 1804 avec le baron d'Edelsheim. Je n'y ai trouvé que ce que je m'attendais à y trouver relativement à l'indignation que vous a fait éprouver l'horrible assassinat du duc d'Enghien; toutes vos lettres de cette époque expriment avec énergie ce sentiment, et si vous jugez à propos, M. le duc, de faire usage de quelques-unes des minutes que vous avez conservées, je pense que le déchiffrement de votre dépêche n° 25, du 22 mars 1804, sera plus que suffisant pour confondre vos calomniateurs.

Peut-être pourriez-vous y ajouter un Il est remarquable que M. de extrait du 27 mars n° 27, pour prouver Dalberg n'ait pas publié ce qu'à l'époque fatale vous n'aviez pas numéro. C'est grand dommage, et il encore à vous réjouir de la confiance serait bien à désirer que du ministère des affaires étrangères à l'ex-ministre de Bade se décidât à Paris; si toutefois vous trouvez qu'il le faire. D'ici là on ne pourra vaille la peine de vous justifier sur s'expliquer cette réserve que par le reproche ridicule qu'on vous a fait la supposition qu'il y tient sans sur votre intimité avec lui. doute sur M. de Talleyrand un langage qu'il a des motifs J'enverrai par la poste de demain au puissans de ne pas tenir bailli de Ferrette, les copies des aujourd'hui. pièces les plus intéressantes de votre correspondance de cette époque, pour en faire usage partout où cela pourra vous être de quelque utilité, comme des pièces authentiques qu'il a trouvées dans les papiers de la légation.

J'espère que cette mesure remplira vos vues, et je serais charmé si elle pouvait contribuer à vous tranquilliser sur les effets d'une calomnie à laquelle vous ne deviez pas assurément vous attendre.

Charmé de trouver une occasion pour M. de Berstett était encore à renouveler à V. E. l'assurance de ma cette époque de 1804 un jeune haute considération, je la prie de ne homme peu versé dans les affaires, jamais douter de la sincérité de mon et du reste placé trop loin du parfait dévouement. point d'optique pour juger sainement de l'effet du tableau Signé, BERSTETT. dont on retrace une scène dans ce cas-ci.

D'ailleurs cette lettre-ci ne prouve rien, sinon que l'on peut regarder comme authentiques les lettres publiées par M. de Dalberg.