S. M. l'empereur d'Autriche leur proposera les villes de Vienne ou de
Prague pour le lieu du congrès.

4° S. M. l'empereur des Français accepte pour lui et ses alliés la médiation de S. M. l'empereur d'Autriche, telle qu'elle est proposée par l'article ci-dessus.

Elle accepte également pour le lieu des congrès celle des deux villes de Vienne ou de Prague qui sera le plus à la convenance des autres parties belligérantes.

5° Les plénipotentiaires français, russes et prussiens se réuniront dans lesdites villes, dans les cinq premiers jours de juillet, sous la médiation de l'Autriche, afin de commencer les négociations, et soit par des préliminaires, soit par une convention, soit par un traité de paix particulier, de faire cesser l'effusion de sang qui afflige le continent.

6° Si au 20 juillet l'une des deux parties belligérantes dénonce l'armistice conformément à la convention du 4 juin, les négociations des congrès n'éprouveront pour cela aucune interruption.]

L'empereur d'Autriche était venu se placer à Prague, sous prétexte d'être plus près pour les communications qu'il avait à faire à l'un et à l'autre parti, comme médiateur.

Le roi de Prusse et l'empereur de Russie avaient leurs quartiers à Schweidnitz, ils pouvaient par conséquent communiquer avec Prague autant que cela leur convenait. Cette époque aura une place si importante dans l'histoire, que l'on ne saurait entrer dans trop de détails et d'observations pour mettre le lecteur en état de juger comment sont arrivés coup sur coup les malheurs qui ont détruit le plus bel édifice de gloire qui ait été élevé par la puissance du génie.

Il y avait armistice; cette mesure était au moins la preuve que l'empereur ne se refusait pas à faire la paix, puisqu'il était le maître de ne pas accorder une suspension d'armes qui lui faisait perdre les avantages qu'il avait pris sur les armées ennemies depuis l'ouverture des hostilités. On ne pouvait pas douter, dit-on, du désir des Russes de faire la paix; cependant elle ne s'est pas faite. Voyons comment.

Les Autrichiens avaient été nos alliés dès la campagne de 1812; si elle eût réussi, elle aurait sans doute été suivie de quelques arrangements politiques préjudiciables à la Russie, et favorables à la Prusse et à l'Autriche.

Dans la situation où les choses étaient arrivées, il ne pouvait plus être question de ce projet; la paix ne pouvait se faire que sur d'autres bases; aussi il n'a jamais été dans les intentions de l'empereur de reprendre les projets de la campagne précédente, les événements de Lutzen et de Bautzen ne l'avaient pas assez avancé pour cela.