Le corps du maréchal Macdonald se concentra dans les environs du Loewemberg en Silésie, sur le Bober; il avait avec lui le corps du général Lauriston.
Les corps des maréchaux Marmont et Mortier se concentrèrent dans les environs de Dresde, ainsi que le corps organisé avec des troupes nouvellement arrivées, et qui étaient commandées par le maréchal Gouvion-Saint-Cyr, aussi nouvellement arrivé à l'armée.
Le maréchal Augereau avait été envoyé avec une seule division en Bavière pour soutenir le corps bavarois qui s'était organisé dans l'Inn-Firteld, après la déclaration de guerre des Autrichiens, à laquelle on s'était attendu [8].
[8: Je prie le lecteur de considérer que je ne parle sommairement des évènements militaires, que parce qu'ils font partie de l'époque dont j'écris l'histoire. N'ayant plus été à l'armée depuis 1809, je ne puis prononcer sans appel sur tout ce qui est mouvement d'armée; je renvoie mes lecteurs que cela peut intéresser aux auteurs militaires qui ont traité avec la plus scrupuleuse exactitude des mouvements de nos troupes en 1812, 1813, 1814 et 1815. Placé comme je l'étais alors, je n'ai pu en apercevoir que les conséquences sur l'opinion publique.]
Je ne me souviens pas où était le maréchal
Victor, je crois qu'il était sur la rive gauche de l'Elbe, dans la direction de Vittenberg ou de Torgau, mais il se réunit aussi à Dresde. Le général Vandamme commandait le corps du maréchal Davout, qui avait été envoyé à Hambourg comme gouverneur général, et où l'empereur avait de grands projets; le maréchal Davout avait avec lui les troupes danoises, et de nombreux détachements de conscrits venus de France, dont il fit un magnifique corps d'armée.
Depuis la nouvelle occupation de Hambourg par nos troupes, on avait mis cette portion de territoire hors du régime constitutionnel; on s'est beaucoup élevé contre cette mesure, mais l'on n'a pas considéré qu'elle ne fut prise que pour retenir les peuples de ces contrées dans l'obéissance, et arrêter des projets d'insurrection.
L'empereur avait le projet d'ouvrir les hostilités en pénétrant par la Silésie en Bohême, où les trois armées combinées étaient amoncelées, et formaient une multitude si considérable, qu'il fallait un grand talent et une grande habitude du mécanisme des masses pour être en état de déployer tous les moyens qu'offraient celles de cette armée.
Les militaires, de quelque nation qu'ils soient, qui ont fait la guerre d'Italie, ainsi que celles de 1805 et de 1807, doivent convenir que, si l'empereur avait eu en Saxe une armée composée de soldats aguerris et rompus à la marche, comme l'étaient ceux qui l'ont suivi dans ses immortelles campagnes, il eût dispersé toutes les armées autrichienne, russe et prussienne, en très peu de temps. Il les aurait obligées à manoeuvrer sans cesse, et à cette partie-là les Français auraient infailliblement été les plus forts; malheureusement il n'avait que des soldats peu exercés, et nullement formés à la marche, aussi la fortune l'abandonna-t-elle bien vite.
Il ne laissa sur la rive gauche de l'Elbe que le corps du maréchal Saint-Cyr, qui se plaça à Pirna pour couvrir Dresde, que l'on avait fortifié par six bonnes redoutes.