1966
Gesamtherstellung Proff&Co. KG, Osnabrück
[AVIS DU LIBRAIRE-ÉDITEUR.]
[AVERTISSEMENT DE L'AUTEUR.]
[MÉMOIRES]
AVIS DU LIBRAIRE-ÉDITEUR.
On verra, par la lecture de l'avertissement de l'auteur, que je pourrais tirer quelque vanité de ce que ses intentions ont été remplies relativement à la publication de ses Mémoires. Le choix qui a été fait de moi pour éditeur, ne l'a point été dans des vues intéressées; et moi-même j'y ai apporté, j'ose dire, le même désintéressement. Tout autre aurait brigué une telle publication, et n'y aurait vu que la source d'un gain peut-être imaginaire. Pour moi, je n'y ai vu qu'un devoir, et je l'ai rempli, mais non pas sans hésitation. J'avoue même que dans ma détermination j'ai eu besoin d'être éclairé. Le titre du livre et les sujets qu'il traite, me paraissaient peu propres à me tranquilliser. J'ai voulu être sûr de ne blesser ni les lois, ni les convenances, ni le gouvernement de mon pays. N'osant m'en rapporter à moi-même, j'ai consulté un homme exercé, et il m'a rassuré complètement. Si je lui ai demandé quelques notes, c'était plutôt pour constater l'indépendance de mes opinions, que pour offrir un contraste entre le texte et les commentaires. Mais quoique les notes soient clair-semées, elles ont failli me ravir la publication de ces Mémoires posthumes. Enfin l'intermédiaire chargé de remplir les intentions de l'auteur, s'est rendu à mes raisons, et je crois pouvoir annoncer au public que je ne tarderai pas à faire paraître la seconde partie des Mémoires du duc d'Otrante. Quant à leur immense intérêt et à leur authenticité, je me bornerai à dire comme l'auteur: LISEZ.
AVERTISSEMENT DE L'AUTEUR.
Ce n'est ni par esprit de parti, ni par haine, ni par vengeance, que j'ai écrit ces Mémoires, et encore moins pour offrir un aliment à la malignité et au scandale. Tout ce qui doit être honoré dans l'opinion des hommes, je le respecte. Qu'on me lise, et l'on appréciera mes intentions, mes vues, mes sentimens, et par quelle politique j'ai été guidé dans l'exercice des plus hauts emplois; qu'on me lise, et l'on verra si, dans les conseils de la république et de Napoléon, je n'ai pas été constant dans le parti d'opposition aux mesures outrées du gouvernement; qu'on me lise, et on verra si je n'ai pas montré quelque courage dans mes avertissemens et dans mes remontrances; enfin, en me lisant, on se convaincra que tout ce que j'ai écrit je me le devais à moi-même. Le seul moyen de rendre ces Mémoires utiles à ma réputation et à l'histoire de cette grande époque, c'était de ne les appuyer que sur la vérité pure et simple; j'y étais porté par caractère et par conviction; ma position d'ailleurs m'en faisait une loi. N'était-il pas naturel que je trompasse ainsi l'ennui d'un pouvoir déchu?