Madame la duchesse de Lauzun parut d'abord vouloir parler à madame Necker avec un empressement mêlé d'émotion; mais en voyant autant de monde, elle fut embarrassée.
—En vérité, madame, je ne sais comment vous exprimer ma gratitude! M. le maréchal voulait venir avec moi, mais il est goutteux et souffrant, vous le savez... je suis donc venue seule, mais bien pénétrée, madame, de vos bontés pour moi.»
MADAME NECKER, avec un accent plus affectueux qu'habituellement.
Je vous assure qu'en faisant ce portrait, je pensais tout ce que j'écrivais, et que rien n'y est exagéré. Tout est vous-même... et si ces messieurs veulent éprouver un double plaisir, ils écouteront M. de La Harpe, qui lit si merveilleusement bien... et qui voudra bien nous dire ce qui se trouve dans ce cahier.
(M. de la Harpe s'incline.)
Tous les Hommes, avec empressement.
Ah! oui! oui!... madame la duchesse, permettez-le.
LA DUCHESSE DE LAUZUN, très-embarrassée, se penchant vers madame Necker, lui dit très-bas:
Madame, je vous en conjure... ne lisez pas devant madame de Monaco!... elle, si belle, si charmante!... ah! ne me faites pas faire sans le vouloir une chose qui pourrait paraître de ma part une étrange preuve d'orgueil, et surtout de prétention si peu fondée!...
MADAME NECKER la regarde quelques instants en silence, puis elle dit à M. de La Harpe: