BARRAS, revenant avec madame Bonaparte.

Qu'est-ce donc que ce tête à tête avec notre président, notre belle Athénienne? voudriez-vous le séduire? ou bien gouverner l'empire comme une autre Aspasie[56]?

MADAME TALLIEN.

Oh! ni l'un ni l'autre! J'avais seulement avec le directeur une explication sur une amitié à laquelle il ne veut pas croire et que je voulais lui démontrer... Mais, à propos, avez-vous trouvé Bourdon?

MADAME BONAPARTE.

Mon Dieu, oui! et il ne sait rien! rien du tout... C'est un vrai malheur de plus que de telles inquiétudes!... Lucien et Joseph sont ici; mais comment m'adresser à eux?... ils me repousseraient.

MADAME TALLIEN.

Écoutez, ma chère Joséphine: demain, vers deux heures, donnez-moi une tasse de chocolat dans votre délicieuse petite chambre de la rue Chantereine, et là nous causerons affaires tant que vous le voudrez. Mais croyez bien que je serai sévère pour ce soir: plus d'affaire, plus de pensées sérieuses. Allons! Barras, le souper sera-t-il bientôt servi?

BARRAS.

Mais voulez-vous souper avec la foule? n'est-il pas convenu que nous soupons dans mon petit salon? J'ai donné les ordres, et l'on a mis seulement douze couverts.