Ils n'ont jamais fait autre chose, même ce pauvre Marmontel... Au surplus, si la critique m'a peu affecté lorsque je commençais à écrire, que sera-ce maintenant que je suis au moment de déposer ma plume? En faisant ce livre, j'ai eu un but principal, c'est de cela qu'il s'agit. Ce recueil pourra peut-être tenir sa place parmi les mémoires du temps par les événements qui le rendront curieux et utile; c'est, si je l'ose dire, une sorte de monument qui paraît au milieu des ruines, non pas celui d'une génération, transmis à la suivante pour se reconnaître plus ou moins dans ses pères, mais celui d'un monde qui n'existe plus, dont une partie a péri, et dont l'autre se survit à elle-même, puisque personne n'est plus ce qu'il était!... Ah! quel sujet de réflexion!... En vérité, ceux qui ne lisent pas pour réfléchir feraient bien mieux de ne pas lire.

M. DE CABRE, se levant et allant à M. de La Harpe, lui dit tout bas:

Enfin, qu'il en soit ce que Dieu aura résolu... mais j'en suis fort occupé.

M. DE LA HARPE.

Merci, mon ami; moi, je suis tranquille.

M. DE CABRE, indiquant qu'il va sortir.

Venez-vous?

M. DE LA HARPE.

Non, je reste. J'ai quelque chose à dire à madame de Genlis.

M. DE CABRE, souriant avec intention.