[107]: Lui parlant plus tard de ce discours, je lui demandai s'il avait été dicté par l'Empereur. L'archi-chancelier me donna sa parole d'honneur que Napoléon ne le connaissait que comme tous les discours qui se prononçaient devant lui; il en prenait lecture avant qu'on ne le lui dît, pour savoir s'il n'y avait rien contre sa politique européenne. «J'étais si touché moi-même, ajouta Cambacérès, que j'aurais fait quelque chose de plus louangeur encore, moi qui pourtant ne le suis guère, si je n'avais craint de lui déplaire, car je sais qu'il n'aime pas cela.»
[108]: Oui, malgré toutes les victoires de Masséna qui fut un vrai héros, et qui nous sauva des Russes avec sa belle campagne de Suisse. Mais cette victoire ne pouvait être que passagère, et encore une comme celle-là, et nous étions perdus même dans notre honneur, car le moyen de faire la paix convenablement; et pourtant nous n'avions ni soldats ni ressources; la France était dans un état de délabrement moral et physique, qui était comme l'avant-coureur de notre perte au moment du retour de Napoléon. Aussi, quand j'entends Gohier dire que la France était grande et glorieuse au 18 brumaire, je me demande comment la haine et la vengeance peuvent aveugler à ce point. Gohier, du reste, est souvent méchant et surtout peu véridique en parlant de Napoléon.
[109]: Cette phrase est en rapport avec les propos des républicains, qui disaient alors qu'il y avait à craindre que Bonaparte ne ramenât les Bourbons. On a même prétendu que la mort du malheureux duc d'Enghien n'eut pas d'autre cause!...
[110]: Il est impossible de rien comprendre à ce fatras de mots sans couleur, sans aucun sens, et aussi absurdes que les paroles de Bobêche, voulant nous persuader que deux et deux font cinq.
[111]: Faute immense de Napoléon! ces provinces illyriennes n'étaient rien pour lui, et l'Autriche y attachait le plus grand prix. Si elles eussent été rendues en 1812, le prince Schwartzemberg marchait avec nous en Russie!... quelle différence!...
[112]: Elle avait une telle tendresse pour cette bonne et belle personne, qu'après le départ de Marie-Louise, madame Bernard[112-A] portait un bouquet à la duchesse, de la part de l'Impératrice, comme si elle eût été à Paris, et cela dura un an au moins.
[112-A]: Fameuse bouquetière qui a précédé madame Prevost, et qui faisait les bouquets presque aussi bien qu'elle.
[113]: D'Aigrefeuille était conseiller à la cour des aides de Montpellier: c'était un homme d'esprit, quoique ridicule; mais il l'était plus par sa figure que par lui-même.
[114]: Le cardinal Maury m'a toujours tenu ce langage, même dans un temps où l'archi-chancelier n'avait plus le même pouvoir.
[115]: On l'a beaucoup dit dans le temps, mais je ne le crois pas, l'Empereur estimait trop l'archi-chancelier. Le comte Dubois ne put me dire s'il avait ou non connaissance de la chose.