«Bresson retournera sûrement à Berlin. M. de Sainte-Aulaire arrive ces jours-ci. Il ira à Londres.... mais!... quand?... Quand vous y enverrez un ambassadeur. Je ne sais qui aura Vienne.

«Lord Beauvale a pris un accès de goutte pendant la bénédiction nuptiale[ [15]. Il a dit au prêtre de se dépêcher; on l'a ramené chez lui très malade; le lendemain, il était dans son lit, sa femme dînant sur une petite table à côté! Ils viendront à Paris en allant en Angleterre.

«Adèle de Flahaut se meurt. Le père est comme un fou; la mère a le courage d'un homme.

«Je me décide à vous envoyer la lettre même de lady Palmerston, pour que Pauline y lise des détails qui l'intéresseront.»

Voici cette lettre de lady Palmerston à la Princesse: «Je viens vous annoncer le mariage de ma fille Fanny avec lord Jocelyn. C'est un charmant jeune homme de 28 ans, de belle figure, très gai, très dévoué, spirituel et aimable, et qui a voyagé dans toutes les parties du monde. Il revient en ce moment de la Chine, dont il donne des détails très intéressants. Nous sommes tous fort contents de ce mariage, qui est tout à fait un roman. Il a écrit sa proposition de Calcutta, il y a un an et demi, mais sans pouvoir attendre la réponse, étant obligé de partir pour Chusan; il a passé ainsi près de deux ans, ballotté entre la crainte et l'espérance, et il est arrivé à Liverpool sans savoir s'il ne la trouverait pas mariée à un autre, car dans les papiers anglais qu'il voyait parfois, il trouvait souvent l'annonce du mariage de Fanny avec d'autres. Le père de lord Jocelyn est lord Roden, grand tory, mais vous savez que c'est là une bagatelle qui ne nous inquiète pas, car le bonheur de Fanny est notre premier objet, et l'amour ne suit pas la politique; et puis, il n'est pas enragé comme son père, mais très raisonnable et sage dans ses idées.

«Les nouvelles d'Amérique sont assez bonnes au fond; tout est clabaudage et affaire de parti; ceux qui sortent veulent rendre difficile la position de ceux qui entrent; c'est à peu près comme en Europe.»

Je veux copier aujourd'hui une petite romance, composée par Henri IV et que j'ai trouvée dans les Mémoires de Sully. Elle me paraît pleine d'élégance et de charme, et plus gracieuse encore que Charmante Gabrielle.

Viens, Aurore,

Je t'implore,

Je suis gai quand je te vois;