[345] M. de Manteuffel, chef du Cabinet militaire du Roi, s'était battu en duel, le 30 mai, à Potsdam, avec M. Twesten, auteur d'une brochure intitulée Comment nous tirer d'affaire? qui contenait des attaques assez vives contre le Cabinet militaire. M. Twesten eut le bras droit brisé par une balle, et un jugement ayant condamné le général de Manteuffel à trois mois de prison dans une forteresse, il se rendit à Magdebourg pour se constituer prisonnier.

[346] C'est-à-dire l'hommage de toute la nation (couronnement).

[347] Depuis cet accident, la duchesse de Talleyrand ne retrouva plus la santé. A partir de cette époque, elle fut atteinte par cette maladie douloureuse, qu'elle supporta avec une patience exemplaire, pendant quatorze mois, et qui la conduisit graduellement au tombeau.

[348] Le Moniteur du 26 juin 1861 annonçait ainsi la reconnaissance du Royaume d'Italie: «L'Empereur a reconnu le Roi Victor-Emmanuel comme Roi d'Italie. En notifiant cette détermination au Cabinet de Turin, le Gouvernement de Sa Majesté a déclaré qu'il déclinait d'avance toute solidarité dans les entreprises de nature à troubler la paix de l'Europe, et que les troupes françaises continueraient d'occuper Rome, tant que les intérêts qui les y ont amenées ne seront pas couverts par des garanties suffisantes.»

[349] Le Sultan Abdul-Medjid venait de mourir à l'âge de trente-huit ans. Sous son règne, des luttes sanglantes ayant éclaté en 1860, entre les Druses et les Maronites dans le Liban, la France, qui s'attribuait le protectorat sur les chrétiens de ces contrées, intervint dans la querelle. Le général d'Hautpoul-Beaufort débarqua avec des troupes à Beyrouth; il s'ensuivit une occupation du pays par les Français, qui ne finit qu'à la suite des réclamations de la Turquie, appuyées par l'Angleterre. Une nouvelle organisation du Liban fut décidée dans une Conférence des Puissances européennes, où il fut déterminé que le Liban dépendrait directement de la Porte, tout en ayant un chef chrétien pris dans celle des Églises chrétiennes qui comptait le plus d'adhérents.

[350] Le Roi de Prusse devant rendre à l'Empereur Napoléon la visite que celui-ci lui avait faite à Bade, il avait d'abord été question du camp de Châlons comme lieu de rendez-vous; mais la rencontre n'eut lieu que plus tard, le 7 octobre, à Compiègne.

[351] Le 14 juillet, le Roi de Prusse faillit être victime à Bade d'un attentat. Un jeune homme de vingt et un ans, nommé Becker, étudiant à Leipzig, s'était approché de Guillaume 1er à la promenade, et lui lâcha un coup de pistolet à bout portant. La balle dévia et ne fit qu'effleurer l'épaule du Roi. Arrêté immédiatement, l'auteur de cet attentat déclara que son but avait été de délivrer l'Allemagne d'un Prince qui ne la poussait pas, avec une énergie assez active, dans les voies de l'unité. Becker fut condamné à vingt ans de réclusion, et, pour sa vie, sous la surveillance de la police.

[352] M. de la Guéronière ayant fait paraître une brochure intitulée: Rome, la France et l'Italie, Mgr Pie, évêque de Poitiers, la réfuta par un mandement où il comparait le chef de l'État à Pilate, «qui pouvait tout empêcher et qui laisse tout faire.» M. de Persigny, ministre de l'Intérieur, croyant voir une offense à la personne de l'Empereur Napoléon et une contravention aux lois de l'Empire, déféra Mgr Pie au Conseil d'État et le mandement fut annulé.

[353] La guerre d'Amérique, appelée aussi guerre de la Sécession, dura de 1861 à 1865. La question de l'esclavage avait divisé la république en deux camps; le Sud travaillant depuis longtemps à le propager dans l'Union, au risque de briser avec le Nord. En 1860, une élection présidentielle, dans laquelle le candidat abolitionniste Lincoln l'emporta sur le candidat esclavagiste Breckinridge, fut le prétexte dont le Sud s'empara pour rompre avec l'Union. Les hostilités commencèrent et, pendant quatre ans, les deux armées se battirent héroïquement avec des alternatives de revers et de succès; la lutte finit par la prise de Richmond en Virginie, où le général Lee, qui commandait les forces du Sud, fut contraint de capituler devant le général Grant, chef des troupes du Nord. La question de l'esclavage fut ainsi terminée.

[354] La Huldigung veut dire l'hommage; la Krœnung, le couronnement, le Turner-Verein, une société de gymnastique; le Sænger-Verein, une société orphéonique; le Schützen-Verein, la société des tireurs; le National-Verein, la société des patriotes. Toutes ces sociétés cachaient, sous le prétexte de se réunir pour s'amuser, le but de s'occuper de ce qui se passait dans l'État, et les meneurs en profitaient pour échauffer les têtes selon leurs idées politiques plus ou moins avancées.