Fig. 28. — Coupe du Mouizib el Atchan.

CC, calcaire carbonifère ; Ds, dévonien supérieur ; H, houille.

Je n’y ai pas trouvé de fossiles, et s’il est commode provisoirement de la considérer comme dévonienne, encore faut-il observer que les couches à clyménies de Beni Abbès, qui appartiennent authentiquement au Dévonien supérieur, ont un facies tout à fait différent.

Les couches supérieures au dinantien ont été observées en deux points, fort éloignés l’un de l’autre, au nord du Béchar d’une part, et à Menouar’ar de l’autre (versant occidental de la hammada de Tar’it).

Au Mouizib on voit les calcaires dinantiens s’enfoncer en stratification concordante sous des grès, qui constituent le sous-sol de toute la plaine entre le poste de Colomb et la montagne de Béchar, et qu’on suit jusqu’à Kenatsa. (Voir pl. XXVI, [phot. 49.]) On ne fait qu’apercevoir ces grès à travers les déchirures du sol formé de cailloutis et d’alluvions récentes. Il semble bien toutefois que l’ensemble de la formation soit essentiellement gréseux.

Sur la route de Tar’it à Menouar’ar, on retrouve les mêmes formations, se succédant dans le même ordre, et on voit les calcaires carbonifériens fossilifères disparaître sous les mêmes grès, ou du moins sous des grès d’aspect identique. Mais ici les alluvions récentes superficielles sont moins développées ; les grès sont à nu sur une certaine étendue ; et on constate qu’ils sont interstratifiés avec des bancs très minces de calcaire à crinoïdes, tout à fait semblables à celui de l’étage immédiatement inférieur. Le puits de Menouar’ar est creusé dans les alluvions d’un petit oued juste au pied d’une falaise haute à peine d’une dizaine de mètres et sur la tranche de laquelle apparaissent les couches suivantes de bas en haut.

A la base.1. Poudingue fossilifère1m,50
2. Grès passant au poudingue1m,50
3. Schistes gréseux3m.
4. Poudingue fossilifère1m,50
Au sommet.5. Calcaire à crinoïdes1m,50

Dans les poudingues, les fossiles abondaient, mais si mal conservés et si fragiles qu’il a été impossible de les recueillir. A coup sûr les crinoïdes prédominaient. Le calcaire bleu du sommet avait tout à fait l’aspect des calcaires de Béchar.

La réapparition de ces calcaires au milieu des grès tendrait évidemment à faire croire qu’il s’agit de formations très voisines, dont la plus récente est la simple continuation, sans lacune, de la plus ancienne.