Fig. 32. — Coupe de l’Antar au Mezarif par le Béchar (extrémité orientale).
Cette montagne est constituée tout entière par un pli déversé au sud. (Cf. fig. [31] et [32.]) Sur sa face occidentale, non loin de Sidi Dahar, dans une large déchirure, on a sous les yeux une magnifique coupe géologique ; on y voit les argiles dévoniennes coincées au cœur du pli ; le calcaire carbonifère les recouvre en plaques horizontales puissantes qui constituent le sommet de la montagne (voir pl. XX, [phot. 40]), puis sur la face sud, dominant Ben Zireg ces mêmes calcaires se replient et passent sous le Dévonien.
L’âge atlique de ce pli est de toute évidence, puisque les calcaires cénomaniens y participent énergiquement.
Au sud de la faille les conditions sont tout autres. L’altitude s’abaisse brusquement, le Béchar est plus bas que l’Antar de 500 à 600 mètres. Du haut de l’Antar on aperçoit le Béchar et l’Orred étalés à ses pieds comme en projection planimétrique. (Voir pl. XX, [phot. 39.])
Le Béchar et l’Orred sont les épaulements nord et sud d’un synclinal largement étalé, au centre duquel est le poste de Colomb-Béchar, et dont le fond est recouvert par le placage cénomanien et l’ennoyage récent ([fig. 29]).
Le Cénomanien est resté horizontal au centre, mais il est redressé au nord et au sud, tant sur les flancs de l’Orred que sur ceux du Béchar, où il constitue les curieuses collines de Bezazil Kelba. (Voir pl. XXIV, [phot. 46.]) Le synclinal hercynien a donc rejoué récemment, quoique assez faiblement.
Les collines de Bon Yala et de Fendi sont elles aussi le résultat de plis légers affectant le Cénomanien (?)
La partie occidentale du Béchar a été affectée d’un plissement atlique. Immédiatement à partir du Mouizib on le voit apparaître dans les schistes argileux dévoniens, passer dans les calcaires dinantiens ([fig. 30]), puis dans les grès houillers ; il détermine l’éperon que le Béchar projette vers l’ouest, jusqu’au Guir, au sud de Kenatsa.
Ce pli est double ; les deux indentations profondes qui déterminent les cols voisins du Mouizib et du Teniet Nakhla sont des anticlinaux très nets, accusés en creux aussi longtemps qu’ils affectent les argiles dévoniennes et séparés par l’éperon calcaire en relief de l’Aïn Mézerelt qui est affecté d’une légère ondulation synclinale (fig. [29] et [30]).
Ce double pli (pli de Kenatsa, si l’on veut), est franchement orienté est-ouest, il fait un angle très accusé avec la direction générale des strates primaires redressées, dont l’indépendance vis-à-vis de lui est manifeste.