Cliché Gautier

64. — Dans l’erg er-Raoui, UNE ANTILOPE ADASE, qui faisait partie d’un troupeau d’une trentaine de têtes.

Remarquer l’élargissement brusque du sabot ; forme de pied adaptée aux sols désertiques.

L’oued Tabelbalet. — Dans la région étudiée l’O. Saoura a un pendant, qu’on peut appeler l’oued Tabelbalet. Il n’a pas de nom pour les indigènes qui en dénomment les tronçons visibles ; et ne s’intéressent pas à sa continuité, évidente, mais sans portée pratique.

Voici ce qu’on sait.

Je n’ai pas vu l’oasis et les ksars de Tabelbalet, et quoiqu’ils aient été vus par nos officiers à plusieurs reprises, il n’en a jamais été publié de description ; l’oasis est au pied de la chaîne Tabelbalet, à la lisière de l’erg er Raoui ; l’eau est partout à très faible profondeur dans le sol.

Au sud de Tabelbalet la ligne de contact entre l’erg et la chaîne reste aquifère sur cent kilomètres au moins.

Jusqu’à Haci Bel Rouz le nombre des puits échelonnés est assez considérable (Noukhila, Haci el Maghzen, etc.) ; et ce nombre pourrait être augmenté facilement, on trouve de l’eau n’importe où, dit-on ; en tout cas H. el Maghzen a certainement été improvisé à l’étape par les maghzen de Beni Abbès.

Au delà l’eau devient plus rare, pourtant le bord de l’erg reste jalonné de trois puits au moins, Tin Oraj, Haci el Hamri, Oguilet Mohammed. Ces trois puits, les seuls que j’ai vus, sont tous creusés dans le lit d’un oued enfoui. La photographie de Tin Oraj, montre nettement les 2 berges du lit mineur découpées dans le quaternaire ancien (terrain plâtreux d’un blanc éclatant). (Voir pl. X, [phot. 20.])

A Haci el Hamri et Oguilet Mohammed j’ai fait des constatations analogues. Partout on retrouve les érosions et les dépôts d’un grand oued quaternaire. Il y a là évidemment un grand oued enfoui et encore vivant. Il vient à coup sûr de l’Atlas, d’un point indéterminé dans la région inexplorée à l’ouest du Guir. Sa nappe d’eau, en tout cas, est nécessairement alimentée, au moins pour une grande partie, par les pluies de l’Atlas.