Le Gourara est une région déprimée, le point le plus bas entre l’Atlas au nord et le Tadmaït au sud. — C’est la cuvette allongée, ouverte à l’ouest, vers laquelle convergaient tous les oueds quaternaires de l’Atlas (oued Namous, oued R’arbi) et du Tadmaït (oued Aflissès). Il y a apparence que ces oueds, venus de tous les points de l’horizon, se réunissaient ici en une grande artère, affluent de la Saoura. Il est certain, en tout cas, qu’on les voit se réunir dans la sebkha de Timimoun, étirée vers le S.-O. sur 80 kilomètres de long.

L’érosion de ce grand réseau a largement mis à nu le sol de la pénéplaine primaire.

Il court une large bande primaire, somme toute, entre les palmeraies du nord qui doivent leurs eaux aux couches tertiaires, et les palmeraies du sud qui doivent la leur aux couches crétacées.

Malheureusement, cette bande primaire est souvent voilée par des dunes, des dépôts quaternaires, des témoins tertiaires ou crétacés ; et par surcroît, là même où elle affleure elle est bien loin d’avoir été étudiée d’une façon suffisante.

La série des étages primaires semble très complète depuis le Dévonien.

Dévonien inférieur. — Du Dévonien inférieur on n’a pas rapporté de fossiles. Mais on a de bonnes raisons stratigraphiques pour rapporter à cet étage les grès blancs à patine noire dont le facies rappelle ceux d’Ougarta et du Mouidir.

Dans la région qui nous occupe, ces grès ne tiennent plus qu’une place subordonnée. Au delà de Foum el Kheneg, la chaîne d’Ougarta se continue par des débris ennoyés. A Ksabi, les grès éodévoniens ne constituent plus qu’une arête de 500 mètres d’épaisseur et de 50 mètres de relief.

Entre Ksabi et Timimoum on revoit les grès éodévoniens une première fois à la Gara Zaleg (et au sud de cette Gara), une seconde fois à mi-chemin entre Tesfaout et Timimoun.

Ces deux fois l’Éodévonien affleure au cœur d’un anticlinal hercynien.

En somme, l’Éodévonien ne s’étale plus largement, il est masqué presque partout par des couches moins anciennes.