Les argiles se retrouvent à Kokodi, et les calcaires à Orthocères à Ridjel Imrad.

Notons enfin au nord de Tikeidi la présence de dépôts d’eau douce (quaternaire ancien à Cardium edule) ; ces dépôts très érodés sont à 5 mètres au-dessus du niveau de la vallée.

En résumé, et malgré d’énormes lacunes, trois itinéraires transversaux permettent de se rendre un compte général de la grande pénéplaine qui sépare le Tidikelt du Mouidir-Ahnet.

A de rares affleurements siluriens près, les couches appartiennent aux étages moyen et supérieur du Dévonien et au Carboniférien. Ces couches affleurent en auréoles grossièrement concentriques, se succédant régulièrement par ordre d’ancienneté décroissante du sud au nord. Dans le nord, au voisinage du Tidikelt, on observe quelques lambeaux de pénéplaine hercynienne.

Mais la plus grande partie de la région étudiée appartient au domaine des plissements calédoniens. Sur un socle silurien qui apparaît exceptionnellement, les couches méso- et néo-dévoniennes et dinantiennes reposent à peu près horizontales. Cette horizontalité est pourtant interrompue par des failles et surtout des diaclases, mais qui n’ont amené nulle part de dénivellation apparente supérieure à 70 ou 80 mètres.

C’est précisément ce qui fait l’unité géographique de cette région. D’une part, c’est une pénéplaine sans relief et l’on sait que, au Sahara, les plaines et les pénéplaines sont précisément les parties les plus arides. D’autre part, les couches géologiques qui forment la surface sont, en général, marneuses et argileuses ; il se trouve que les marnes et les argiles dominent dans les trois étages représentés. Le sol est donc imperméable, ce qui constitue une nouvelle cause d’aridité.

Entre le Tidikelt, pays d’oasis, et le Mouidir-Ahnet, pays de pâturages, la pénéplaine qui nous occupe est un pays absolument désolé et inhabitable.

Géologie du Mouidir-Ahnet.

Le Mouidir, l’Ahnet et l’Açedjerad forment une grande région naturelle, très uniforme, favorisée au point de vue de la végétation et de l’habitabilité, où l’on retrouve partout les mêmes grès éodévoniens et le même substratum silurien.

J’ai parcouru la partie occidentale du Mouidir et orientale de l’Ahnet, en 1903 ; et l’Açedjerad, en 1905, en compagnie de M. Chudeau.