A H. Macin, nous avons noté en 1903 une roche cristalline d’allure schisteuse. A Foum Lacbet, on a trouvé en 1905 des calcaires bleus et blancs avec schistes, phyllades et quartz ; on observe des ripple-marks. L’affleurement des couches dessine un dôme anticlinal orienté N.-O.-S.-E., fermé vers le sud.
Fig. 56. — Au nord de l’Adr’ar Ahnet. — 1/600000.
Éodévonien : 6, grès ; 5, argiles ; 4, grès. — Silurien : 3, schistes cristallins ; 2, quartz ; 1, phyllades.
(Bull. Soc. géol. Fr., 4e série, t. VII, p. 211, fig. 3.)
L’énorme masse de l’Adr’ar Ahnet dans sa partie nord-orientale, qui a été directement observée, est constituée par des assises très puissantes de grès et de quartzites. Ces grès roses clairs sont très énergiquement plissés, injectés de filons de quartz, comme d’ailleurs toutes les formations siluriennes, tandis que les filons de quartz font tout à fait défaut dans le Dévonien de la région. Dans les grès de l’Adr’ar Ahnet les ripple-marks abondent. Le long de l’O. Tedjoudjoult on chemine plusieurs kilomètres dans cette formation sans en sortir, dans une direction pourtant à peu près perpendiculaire à l’axe de l’affleurement. Dans le lit de l’oued il est vrai, on rencontre quelques cailloux roulés cristallins. Toute la formation est affectée de plissements N.-O.-S.-E.
Les affleurements d’Adoukrouz, H. Macin, Foum Lacbet, Adr’ar Ahnet, simplement séparés les uns des autres par un placage d’alluvions anciennes ou récentes constituent un seul et même affleurement continu, où le Silurien est représenté, à l’est par des grès et des schistes, à l’ouest par des cipolins et des schistes cristallins.
Que ces grès et ces phyllades soient siluriens, cela est démontré, en l’absence de fossiles, par les relations stratigraphiques des couches avec l’Éodévonien, qu’on voit, en particulier dans des garas avoisinant Foum Lacbet, reposer horizontal sur la tranche des plis arasés.
D’autre part, que les schistes cristallins (cipolins, etc.) soient du Silurien métamorphisé, cela ressort de leurs relations avec les grès et les phyllades, dont ils sont la continuation et avec lesquels ils s’enchevêtrent.
Pourtant le Silurien sédimentaire et le métamorphisé sont, partout où l’observation a été possible, séparés par des failles avec dénivellation consécutive ; c’est le résultat, j’imagine, d’une différence de compacité et de massivité.