M. Chudeau a établi comme suit la succession des couches éodévoniennes dans l’Açedjerad et l’Ahnet, numérotées de la base au sommet.

1. Grès grossier et poudinguerougeâtre30mètres.
2. Poudingues, arkoses etpsammites en bancs bien lités (galets de 4 à 5 centimètres dans lepoudingue)40
ÉODÉVONIEN INFÉRIEUR3. Grès formantmuraille verticale d’un seul bloc. On y distingue cependant sur lacassure fraîche des arkoses, psammites, etc., le tout intimementlié80
4. Grès en bancs irréguliershétérogènes ruiniformes20
5. Argiles blanches etviolettes30
6. Grès bien litésbancs minces80
ÉODÉVONIEN SUPÉRIEURbancs plus épais 2-3 mètres
grandes dalles minces de 0,20 (4 mètres)
7. Argiles bariolées10
8. Grès en bancs irréguliersfossilifères (Ripple-marks, Bilobites)10
Épaisseur totale de la formation éodévonienne300mètres.

1, 2, 3, n’affleurent pas dans l’Açedjerad. On ne les a vus que plus à l’est près de l’Adr’ar Ahnet. 4 affleure à Ouallen et à l’ouest de Meghdoua (croupe d’Insemmen). Les argiles 5 jouent un rôle important ; elles correspondent à des vallées très larges (Ouallen), ou à des dépressions comme entre Iglitten et Taksist ([fig. 59]). Par leur plasticité, elles expliquent l’indépendance des compartiments supérieur et inférieur entre eux.

Sauf à la partie supérieure, peu ou pas de fossiles, mais toujours des ripple, des stratifications obliques. Aucune roche éruptive, pas même un filon de quartz.

Les éléments de cette analyse serrée ont été recueillis dans l’Açedjerad et dans l’Ahnet ; mais dans ses grandes lignes cette analyse est valable pour le Mouidir occidental.

A coup sûr, les termes principaux de la série sont représentés ; en particulier les argiles médianes sont très développées dans la cuvette de Taoulaoun, qu’elles conditionnent ; les fossiles se trouvent dans les couches supérieures et ne se trouvent que là ; on y trouve aussi, dans la pâte de la roche, des colonnettes gréseuses bien individualisées, ayant parfois la grosseur du poing, et que le lieutenant Besset a signalées le premier. Ces lusus naturæ qu’on a pris pour des fossiles végétaux font défaut, semble-t-il, dans l’Ahnet.

En somme une formation, presque entièrement gréseuse, très uniforme, et qui, vue superficiellement, le paraît davantage encore parce que tous les grès sont revêtus d’une patine désertique noire de poix sous laquelle la moindre égratignure fait apparaître le cœur plus ou moins clair de la roche.

Fig. 57. — Taloak à l’Adr’ar Ahnet. — 1/750000.

S, Silurien ; γ, Granulite, D1-8, Dévonien, inf. ; q, Tuf quaternaire.