Il n’est pas possible de se soustraire à la conclusion que la nappe d’eau se trouve dans le Crétacé.

Mais d’où vient-elle ?

M. Flamand attribue à l’eau d’In Salah une origine méridionale ; il la croit venue du Mouidir et l’hypothèse n’est pas invraisemblable ; les grès du Mouidir sont, assurément, un gros réservoir d’humidité, avec lequel il est facile d’imaginer que le Tidikelt puisse être en communication.

Il est certain que le dj. Azzaz et le dj. Idjeran, affleurement de grès dévonien qui borne à l’est le Tidikelt, sont des lieux de sources (Aïn Kahla, etc.) et ces sources sont alimentées par le Mouidir. A l’autre bout du Tidikelt Aïn Cheikh jaillit de même dans un affleurement de grès éodévonien. Il semble donc bien que la nappe souterraine des grès méridionaux doive trouver son chemin jusqu’au Tidikelt où l’existence de failles facilite son ascension. D’autre part pourtant, on ne peut guère supposer que l’oasis d’In R’ar soit, par une coïncidence purement fortuite, précisément au débouché d’un grand oued descendu du Tadmaït. Il faut apparemment se garder de conclusions absolues et supposer que le Mouidir et le Tadmaït collaborent à la prospérité du Tidikelt.

Il en a grand besoin, car il se trouve dans des conditions défavorables pour utiliser la nappe d’eau du Tadmaït, qui manifestement d’après la pente générale du terrain est surtout drainé au profit des autres groupes d’oasis (Ouargla, Gourara, Touat).

N’oublions pas il est vrai que le Tidikelt, comme importance numérique en palmiers et en âmes, est inférieur de moitié au Touat ou au Gourara. Un coup d’œil sur la carte montre que, au Tidikelt, la distribution des oasis est assez particulière.

Tandis que les palmeraies du Gourara et du Touat s’étendent bout à bout, en formation linéaire, les palmeraies d’In Salah, d’In R’ar, d’Aoulef, etc., sont parallèles l’une à l’autre, en colonne de compagnie.

Cela revient à dire que chacune a son originalité propre, et sa nappe d’eau particulière. Il serait désirable d’en avoir des monographies.

Quoique ces études de détail fassent défaut on peut affirmer cependant, en règle générale, que chaque palmeraie est en relation avec une petite cuvette syndicale, allongée nord-sud, petit pli posthume déterminé par un effondrement local du substratum hercynien ou calédonien. Cette petite cuvette synclinale est une poche où l’eau s’est accumulée comme le montre non seulement l’existence de l’oasis mais encore en général celle d’une ou plusieurs sebkhas.

La carte ci-jointe, dressée par M. le lieutenant Voinot, et qui m’a été communiquée par M. le commandant Lacroix, rend sensible cette disposition à l’oasis d’Aoulef-Timokten. La cuvette synclinale n’est pas marquée seulement par les courbes de niveau, mais encore par des foggaras, naturellement normales à la pente, et qui viennent de l’ouest à Timokten et de l’est au contraire à l’Aoulef. Cette disposition des foggaras en auréole ou en rose des vents autour d’une sebkha centrale ne se retrouve nulle part ni au Touat, ni même je crois au Gourara, où le parallélisme des foggaras entre elles est la règle générale.