On m’avait signalé encore comme hébraïques des inscriptions situées à Abani, auprès de Tesfaout (Touat) : je me suis assuré qu’elles sont berbères comme on pourra s’en rendre compte sur les belles photographies dues à M. Auger interprète militaire. (Voir pl. XVIII, phot. [35] et [36.])

Enfin M. le lieutenant-colonel Laperrine qui s’est beaucoup occupé des caractères Tifinar’ et qui les connaît bien, a recopié sur mon carnet une inscription trouvée sur une dalle calcaire dans l’oued Aglagal (sud du Tadmaït).

Inscription juive du Touat.

Elle provient du ksar de R’ormali dans l’oasis de Bouda.

La pierre sur laquelle est gravée l’inscription est encastrée à la base d’un pilier en pisé, qui a manifestement servi jadis de support à la bascule d’un puits comblé. Les indigènes ne connaissent ni le sens, ni la langue de l’inscription, ni sa date, ni son origine. De mémoire d’homme elle a toujours été au ksar de R’ormali.

La seule face visible de la pierre est un parallélogramme irrégulier d’environ 0 m. 30 sur 0 m. 25. La pierre est du grès rouge. L’inscription est d’un travail remarquable, au moins pour le pays ; sans doute la surface de la pierre n’a même pas été aplanie, les contours des lettres sont souvent éclatés ; mais leur dessin est très net, leur gravure en creux très profonde. C’est un travail peu soigné à coup sûr, mais on dirait l’œuvre d’un professionnel, non d’un sauvage qui s’amuse. Les habitants actuels du Touat seraient tout à fait incapables de produire quelque chose de comparable.

On trouvera dans les C. R. Ac. Inscr., année 1903, p. 236, le texte de cette inscription. En voici la traduction telle que la donne M. Philippe Berger.

Ligne1 :ceci est le tombeau de [Monispa ?], fille d’Amram : Qu’elle repose en Eden !
2 :de [Zathaloq !] et elle est morte dans les douleurs (de l’enfantement).
3 :le samedi, vingtième d’Ab, qui nous apporte la paix.
4 :en l’année 5089.

M. Philippe Berger fait suivre cette traduction de quelques observations suivantes.