« Le Dévonien inférieur de Ben Zireg (grès et calcaires durs) a été caractérisé par des Trilobites (capitaine de Lamothe), des orthocères et autres fossiles (collections du territoire d’Aïn-Sefra). »
Ces lignes affirment qu’on a trouvé à Ben Zireg des fossiles du Dévonien inférieur, mais elles n’indiquent pas le nom du paléontologiste qui a déterminé les fossiles ; et elles ne donnent pas des indications précises sur le gisement ; en fait je ne connais pas de grès au voisinage de Ben Zireg, mais seulement des ardoises et des calcaires.
D’autre part j’ai rapporté de Ben Zireg des fossiles que M. Haug déclare carbonifériens ; ils ont été cueillis dans une formation très puissante et très homogène, ardoises et calcaires interstratifiés, qui est la seule formation susceptible d’être primaire, à ma connaissance, au voisinage de Ben Zireg.
Je suis donc forcé, jusqu’à plus ample informé, d’attribuer ces couches au Carboniférien, et non au Dévonien.
B. — M. Poirmeur (Bulletin de la Société géologique de France, 4e série, t. VI, 1906, no 8, p. 726) rattache au Trias « l’affleurement de marnes irisées de ksar el Azoudj, qui se présente comme inférieur aux couches noires de la base du Lias (?) (Rhynchonella déposée au musée du territoire d’Aïn-Sefra) ».
Cet affleurement m’est bien connu (voir pl. XXV, phot. [47] et [48]). Ces marnes irisées, ou plutôt ces schistes argileux mous, sont vivement redressés, et supportent en discordance absolue le poudingue calcaire pliocène, sur lequel est construit le poste. Sauf preuves du contraire, et pour des raisons de stratigraphie générale, je crois ces couches infradinantiennes ou supradévoniennes ; la présence d’une rynchonelle est fort intéressante, mais n’y contredit pas.
C. — M. Poirmeur (Bulletin de la Société géologique de France, 4e série, t. VI, 1906, no 8, p. 726) place à la base du Lias « des calcaires et grès schisteux de couleur noire, non fossilifères (base des formations secondaires, qui font face au Moumen et au Béchar, entre Ksar el Azoudj et Ben Zireg ». Cette formation m’est bien connue ; il y a en effet partout à la base des falaises des schistes noirs, et au sommet des calcaires. Seulement, si mes souvenirs sont exacts, la discordance de stratification est absolue ; les schistes sont verticaux, et les calcaires horizontaux. De plus les calcaires, au voisinage de Ben Zireg, à tout le moins, contiennent les beaux fossiles cénomaniens habituels. J’ai donc conclu que nous avons affaire à la transgression cénomanienne sur la pénéplaine primaire. J’attribue par conséquent au Cénomanien les calcaires qui, sur la carte de M. Poirmeur, sont attribués non seulement au Lias, mais encore au Jurassique supérieur dans le voisinage de Ben Zireg.
D. — La carte de M. Poirmeur (Bulletin de la Société géologique de France, 4e série, t. VI, 1906, no 8, p. 726), si je l’interprète correctement, car ici le texte n’est pas explicite, attribue au Cénomanien, non seulement les collines de Bezazil Kelba, ce qui est parfaitement correct, mais les grès houillers de Kenatsa, les poudingues pliocènes de Bou Aiech, et les grès albiens de Beni Ounif.
E. — Enfin je ne suis pas d’accord avec M. Poirmeur sur l’emploi du mot oligocène, du moins en ce qui concerne la hammada de Kenatsa et celle de Beni Abbès. Il me semble que M. Poirmeur rattache régulièrement à l’Oligocène les poudingues calcaires très durs, à rognons siliceux, qui constituent certainement le sol des hammadas précitées, et que tous les géologues algériens rattachent au Pliocène.