Un pas plus loin et par une évolution facile à suivre nous arrivons au type beaucoup plus soigné du redjem B d’Aïn Sefra (djebel Mekter). (Voir [pl. XII.])

Fig. 1. — Principaux types de redjems.

1. Redjem A d’Aïn Sefra. — 2. Redjem C′ de Beni Ounif. — 3. Redjem B d’Aïn Sefra. — 4. Redjem E de Beni Ounif. — 5. Redjem F d’Haouinet. — 6. Redjem de l’Adr’ar’ des Ifor’ass. — 7. Redjem de l’O. Tougçemin. — 8. Redjem islamisé de l’O. Taoundrart.

(Figure extraite de L’Anthropologie, Masson et Cie, édit.)

Au centre du redjem qui a 8 mètres de diamètre sur 2 m. 20 de hauteur, une chambre funéraire très nette, circulaire, d’un mètre de diamètre, est mi-creusée dans le sol, mi-bâtie et couverte à l’aide de grandes dalles de grès. L’intérieur est plein de sable pur, partiellement transformé en grès par les actions chimiques qui ont accompagné la décomposition du cadavre.

Sur le toit de la chambre funéraire quelques grandes dalles en désordre laisseraient supposer l’existence d’un second étage funéraire mal construit et effondré (?)

La construction en pierres sèches n’affecte pas seulement la chambre funéraire, mais on en trouve des traces dans le redjem lui-même. A la base et sur le pourtour extérieur du cône, court un anneau de dalles formant un escalier circulaire très grossier. Tout le reste est un simple entassement de pierres quelconques.

Ce type de redjem est très fréquent au djebel Mekter, la plupart de ceux qu’a fouillés le capitaine Dessigny étaient de ce type. Les redjems de la daia de Tilr’emt étudiés par le colonel Pothier (Revue d’Ethnographie, 1886) sont aussi de ce type, qui paraît septentrional. Il est extrêmement intéressant, parce qu’il rentre dans une catégorie classée. Plus perfectionné, ce type donne évidemment le grand tombeau d’Henchir el Assel, dont une restitution est au Musée du Trocadéro[56]. Monumentalisé encore il donnera le Medracen et le Tombeau de la Chrétienne. On suit donc d’étape en étape, de perfectionnement en perfectionnement tous les degrés entre le simple tas de pierres et les monuments funéraires les plus célèbres de l’art berbère.

Le redjem E de Beni Ounif est d’un type aberrant. C’est une fosse remplie de sable, de la forme habituelle, c’est-à-dire circulaire, et entourée d’un petit mur de pierres fichées dans le sol et émergeant à peine. (Voir pl. XIII, [phot. 25.]) Ce type est très rare, je ne l’ai vu que là ; pourtant quelque chose de cette disposition se retrouve dans un tombeau copié par M. Chudeau au Hoggar ([fig. 6,] B) ; je considère ce type comme une ébauche du suivant qui est extrêmement fréquent.