Sur cette même station peut-être, ou en tout cas sur une autre toute voisine, dans l’oued Adjennar, Motylinski nous donne des détails plus circonstanciés[92]. Il signale en effet une girafe — puis beaucoup de bœufs ou de vaches qui semblent analogues à ceux de l’Ahnet (il en est de bâtés ; Motylinski mentionne à leur cou des appendices, cordes ou fanons (?) qu’on retrouvera sur nos figures) — beaucoup d’autruches aussi — une chasse au mouflon avec chiens qui fait songer au tableautin de Taoulaoun, — des chevaux, des ânes, des méharis assez soignés pour qu’on distingue la forme de leur selle, ils portent la rahla actuelle, au pommeau en forme de croix — deux vaches à bosse et une autruche sont non pas gravés mais dessinés à l’ocre, ce qui semble exclure une antiquité reculée.

Motylinski nous signale une autre belle station dans une partie éloignée du Hoggar, tout à fait au nord, aux limites du Mouidir, à la gara Tesnou. Il y a dessiné sur son carnet, un peu trop sommairement, un éléphant qui pourrait bien être ancien.

D’autre part il a silhouetté à Tit une vache à très grandes cornes, dont on aimerait à savoir si ce n’est pas un Bubalus antiquus. Ce serait fort intéressant, malheureusement il est tout à fait impossible d’être affirmatif.

Motylinski signale brièvement un certain nombre d’autres stations au sommet de la Koudia.

Oued Medjoura — une vache bâtée avec appendices au cou.

Oued Tér’oummout (sources de l’oued Tamanr’asset) — animaux et inscriptions.

Iberrahen (sources de l’oued In Dalladj) — un incontestable « cavalier gétule ».

En somme le Hoggar serait un beau champ d’études pour amateur de gravures rupestres. Les mauvais graffitti abondent, mais il y a un grand nombre de belles gravures, comparables à celles de l’Ahnet ; à la matière près pourtant ; car ici le grès fait défaut, comme dans l’Adr’ar des Ifor’ass on a employé ici le granit ou les roches éruptives. (Voir pl. XVII, [phot. 34.])

Stations de l’Aïr. — L’Aïr aussi mériterait une étude détaillée, qui est actuellement impossible ; Chudeau signale, entre le Hoggar et l’Aïr, à quelques centaines de mètres au nord de l’aguelman du Tassili Tan Tagriera, dans les grès dévoniens, une grotte avec quelques beaux dessins rupestres. Il en a revu dans l’Aïr ; — dans le massif d’Agouata, au voisinage d’Aguellal ; — et enfin, près de Takaredei, à deux kilomètres à l’ouest du cimetière des Iberkor’an ; ces derniers, les plus méridionaux connus dans la région représentant deux girafes.

Foureau[93] nous renseigne sur deux autres stations de l’Aïr, Tilmas Talghazi et oued Tidek (fig. 388, 389, 390, 391, 392, p. 1087 à 1093). On y voit figurés une girafe, des autruches, de mauvais chameaux, des chevaux, des bovidés, des singes peut-être, des hommes sans armes, en tunique courte et flottante et à coiffure compliquée. Ces gravures seraient plus anciennes que les caractères tifinar’ et arabes qui les accompagnent ; pourtant la facture est pointillée, ce qui serait considéré dans le nord comme un indice de médiocre antiquité.