Devant eux, la tour Eiffel se dresse, gigantesque, presque quatre fois haute comme le Panthéon et, cependant, gracieuse et svelte, avec ses innombrables tiges métalliques dont l’enchevêtrement a l’aspect d’une dentelle.

«Maman, demande Jacques, qu’est-ce que c’est que ces grandes chambres qui montent et descendent à l’intérieur de la tour?

—Ce sont les ascenseurs. Tu as déjà vu dans plusieurs maisons des appareils de même genre; ceux-ci sont beaucoup plus grands, voilà tout.»

Les deux enfants et leur mère pénètrent par une large porte dans l’un des piliers de la tour. Il a été décidé que l’on monterait par les escaliers et que l’on descendrait en ascenseur.

C’est Madeleine qui ouvre la marche.

«Allez doucement, dit maman; sinon, vous serez fatigués avant d’être arrivés au premier étage.»

Il fait très beau temps, et, grâce à la pureté de l’atmosphère, les enfants distinguent très nettement, au fur et à mesure qu’ils avancent, les monuments de Paris qui apparaissent les uns après les autres. Dans l’enceinte de l’Exposition, il y a partout des processions de promeneurs. Pour se garer du soleil, les dames ont ouvert leurs ombrelles, qui ressemblent, vues de haut, à un parterre de champignons multicolores.

Voici le premier étage. Il est formé d’une vaste galerie carrée, avec un grand trou au milieu. Madeleine, qui, le matin, a consulté un guide, déclare que la galerie est à 57 mètres au-dessus du sol, c’est-à-dire à quatre fois la hauteur d’une maison de cinq étages.

On se repose un moment, on jette un coup d’œil sur les boutiques et les restaurants qui occupent la galerie, puis on commence l’ascension de la deuxième plate-forme.

Maintenant l’escalier monte en tournant sans cesse en spirale comme l’escalier d’une maison. On voit tout Paris et une partie de ses environs.