—Nous avons visité les caves.
—Ainsi, dis-je, vous avez fait fausse route, et la lettre n'est pas dans l'hôtel, comme vous le supposiez.
—Je crains que vous n'ayez raison, dit le préfet. Et vous maintenant, Dupin, que me conseillez-vous de faire?
—Faire une perquisition complète.
—C'est absolument inutile! répliqua G... Aussi sûr que je vis, la lettre n'est pas dans l'hôtel!
—Je n'ai pas de meilleur conseil à vous donner, dit Dupin. Vous avez, sans doute, un signalement exact de la lettre?
—Oh! oui! Et ici, le préfet, tirant un agenda, se mit à nous lire à haute voix une description minutieuse du document perdu, de son aspect intérieur, et spécialement de l'extérieur. Peu de temps après avoir fini la lecture de cette description, cet excellent homme prit congé de nous, plus accablé et l'esprit plus complètement découragé que je ne l'avais vu jusqu'alors. Environ un mois après, il nous fit une seconde visite, et nous trouva occupés à peu près de la même façon. Il prit une pipe et un siège, et causa de choses et d'autres. À la longue, je lui dis:
—Eh bien, mais, G..., et votre lettre volée? Je présume qu'à la fin, vous vous êtes résigné à comprendre que ce n'est pas une petite besogne que d'enfoncer le ministre?
—Que le diable l'emporte!—J'ai pourtant recommencé cette perquisition, comme Dupin me l'avait conseillé; mais, comme je m'en doutais, ç'a été peine perdue.
—De combien est la récompense offerte? vous nous avez dit... demanda Dupin.