Agathos.—Je l'ai parlé, Oinos—comme je devais parler à un enfant de cette belle Terre qui a péri récemment—des mouvements produits dans l'atmosphère de la Terre...
Oinos.—Oui, cher Agathos.
Agathos.—Et pendant que je te parlais ainsi, n'as-tu pas sentit ton esprit traversé par quelque pensée relative à la puissance matérielle des paroles? Chaque parole n'est-elle pas un mouvement créé dans l'air?
Oinos.—Mais pourquoi pleures-tu, Agathos?—et pourquoi, oh! pourquoi tes ailes faiblissent-elles pendant que nous planons au-dessus de cette belle étoile,—la plus verdoyante et cependant la plus terrible de toutes celles que nous avons rencontrées dans notre vol? Ses brillantes fleurs semblent un rêve féerique,—mais ses volcans farouches rappellent les passions d'un cœur tumultueux.
Agathos.—Ils ne semblent pas, ils sont! ils sont rêves et passions! Cette étrange étoile,—il y a de cela trois siècles,—c'est moi qui, les mains crispées et les yeux ruisselants,—aux pieds de ma bien-aimée,—l'ai proférée à la vie avec quelques phrases passionnées. Ses brillantes fleurs sont les plus chers de tous les rêves non réalisés, et ses volcans forcenés sont les passions du plus tumultueux et du plus insulté des cœurs!
[COLLOQUE ENTRE MONOS ET UNA]
Choses futures.
Sophocle—Antigone.
Una.—Ressuscité?
Monos.—Oui, très-belle et très-adorée Una, ressuscité. Tel était le mot sur le sens mystique duquel j'avais si longtemps médité, repoussant les explications de la prêtraille jusqu'à tant que la mort elle-même vînt résoudre l'énigme pour moi.