M. Abatucci. Le maire a retiré sa plainte!

M. Keller. Lorsqu'un tribunal est saisi, peu importe que la plainte soit retirée!

S. Exc. M. Baroche, ministre, président du conseil d'État. Pas en matière de diffamation!

M. Keller. Je vous demande pardon, mais je crois que, sauf le cas d'adultère, toutes les fois qu'un tribunal est saisi, il doit se prononcer.

M. le Ministre. Vous êtes dans l'erreur. En matière de diffamation, il faut que le plaignant insiste.

Du reste, nous ne savons pas un mot de tout ce que vous racontez là (mouvement), et à ce sujet je dois faire une observation.

Quand on veut mettre en cause le gouvernement sur des faits spéciaux, un sentiment que je ne veux pas dire, mais que la Chambre comprendra, devrait conduire l'orateur, ainsi que cela se fait partout, ainsi que cela se fait en Angleterre, ainsi que cela se faisait autrefois en France, à prévenir le gouvernement, de manière à le mettre à même de prendre des renseignements et de vérifier les faits que l'on veut porter devant la Chambre. Le gouvernement est ainsi en mesure de répondre aux interpellations; il peut même prévenir ces interpellations par des explications. Il me semble que mon observation trouve ici sa place. (Très-bien! très-bien!)

M. Keller, continuant son discours. Quelle était la cause de cet abus de pouvoir?…

M. le Ministre. Et mon observation, il faut y répondre! Pourquoi M. Keller ne répond-il pas?

M. Keller, continuant. Quelle était la cause de cet abus de pouvoir, inouï dans nos annales judiciaires? Messieurs, elle est fort simple.