«C'est chose faite, monsieur le duc.»

Il les soignait tous pour rien depuis trois ans.

Le matin du mariage on vint essayer la robe de Germaine. Elle se prêta doucement à cette triste plaisanterie. La couturière s'aperçut qu'un point du corsage s'était décousu.

«Je réparerai cela, dit-elle.

—A quoi bon? répondit la malade. Je ne l'userai pas.»

On lui apporta son voile et sa coiffure. Elle remarqua l'absence des fleurs d'oranger. «C'est bien, dit-elle; je craignais qu'on eût oublié quelque chose.»

Ces apprêts étaient d'une tristesse funèbre. «Maman, dit Germaine, vous rappelez-vous ces vers du poëte Jasmin, dont vous m'avez lu la traduction dans la Revue des Deux Mondes?

Tous les chemins devraient fleurir,
Car belle épousée va sortir;
Devraient fleurir, devraient grener,
Car belle épousée va passer!

Comment donc la pièce finissait-elle? Je ne me le rappelle plus. Ah! m'y voici!

Tous les chemins devraient gémir,
Car belle morte va sortir;
Devraient gémir, devraient pleurer,
Car belle morte va passer.