—On ch’amuse comme on peut ... Je chuis été avec les camarades.

Le médecin bondit de colère.

—Ils sont jolis, tes camarades! Comment! je fais une cure merveilleuse qui répand ma gloire dans Paris, qui m’ouvrira un jour ou l’autre les portes de l’institut, et tu vas, avec quelques ivrognes de ton espèce, gâter mon plus divin ouvrage! S’il ne s’agissait que de toi, parbleu! nous te laisserions faire. C’est un suicide physique et moral; mais un Auvergnat de plus ou de moins n’importe guère à la société. Il s’agit d’un homme du monde, d’un riche, de ton bienfaiteur, de mon malade! Tu l’as compromis, défiguré, assassiné par ton inconduite. Regarde dans quel état lamentable tu as mis la figure de monsieur!

Le pauvre diable contempla le nez qu’il avait fourni, et se mit à fondre en larmes.

—Ch’est bien malheureux, mouchu Bernier; mais j’attechte le bon Dieu que ch’est pas ma faute. Le nez ch’est gâté tout cheul. Chaprichti! je chuis un honnête homme, et je vous jure que je n’y ai pas cheulement touché!

—Imbécile! dit M. L’Ambert, tu ne comprendras jamais ... et, d’ailleurs, tu n’as pas besoin de comprendre! Il s’agit de nous dire sans détour si tu veux changer de conduite et renoncer à cette vie de débauche, qui me tue par contre-coup? Je te préviens que j’ai le bras long et que, si tu t’obstinais dans tes vices, je saurais te faire mettre en lieu sûr.

—En prigeon?

—En prison.