[498] Géorgiques, livre IV.
[499] Le livre fut saisi, et, pour arrêter les poursuites, il ne fallut rien moins que l’intervention de Gambetta. Je lis, à ce sujet, dans une lettre de Pontmartin à M. Jules Claretie, du 3 janvier 1875: «Que dites-vous de l’ami Barbey? Cette fois, c’est trop fort. Quand je conseillais la tolérance à ce fougueux absolutiste, je ne m’attendais pas à le voir conduire Joseph de Maistre dans une de ces maisons qui empruntent leur sous-titre à la plus belle des vertus chrétiennes. C’est dommage, car à ne juger son livre qu’en artiste, avec le dilettantisme impassible qu’on apporterait, par exemple, au musée secret de Naples, ce diable d’homme—66 ans—n’avait jamais rien fait de si fort. Le Rideau cramoisi, Une Vengeance de femme, et surtout Un Dîner d’Athées, sont trois magnifiques cantharides. Figurez-vous qu’au moment où j’ai appris la saisie, j’allais en parler, et je comptais plaider la Possession, comme on l’entendait au Moyen Age.»
[500] Pontmartin m’écrivait, des Angles, le 4 décembre 1879: «A peine avais-je fait partir ma dernière lettre, que je me suis reproché de vous avoir parlé de M. Barbey d’Aurevilly avec cette amertume et de ce ton tranchant qui me va si mal. Royalistes et catholiques, la charité chrétienne est pour nous, en pareil cas, non seulement une vertu, mais une habileté, en face de tant d’ennemis acharnés contre nos croyances. Mes bonnes résolutions ont persisté... 24 heures. Un de mes amis avignonnais, vieux, spirituel et lettré, est venu me voir, levant les yeux au ciel, agitant un journal au-dessus de sa tête, se livrant à une pantomime qui traduisait le: «Où allons-nous?» de J. Prudhomme. C’était un no de Paris-Journal (21 novembre), renfermant un feuilleton de B. d’Aur... sur le Mariage de Figaro. Mon ami, après m’avoir demandé une tasse de tilleul pour calmer ses nerfs, m’a lu le passage suivant: «En regardant Mlle Reichenberg, en voyant, à genoux, aux pieds de la comtesse, ces jambes de femme qui ont leur sexe, je pensais aux jambes sans sexe qu’il faudrait (je ne note que des indigences) à cette charmante et incertaine créature d’entre les deux sexes, qui s’appelle Chérubin; je songeais à ces jambes si voluptueusement hermaphrodites(!!) que Raphaël donne à ses archanges, et que montre en ce moment à tout Paris cette merveille d’Emma Juteau, l’acrobate du Cirque.» Pas de commentaires, cher ami; mais encore un remerciement et une cordialissime poignée de main.»—Ce jour-là, on le pense bien, je n’essayai même pas de plaider les circonstances atténuantes en faveur de Barbey d’Aurevilly.
[501] Lettre du 24 octobre 1879.
[502] François-Victor Fournel (1829-1894), érudit, critique et romancier; ses principaux ouvrages sont: les Contemporains de Molière, la Littérature indépendante, les Rues du vieux Paris, l’Ancêtre, le Roman d’un père, Esquisses et croquis parisiens.
[503] Lettre du 1er novembre 1865.
[504] Cuvillier-Fleury demeurait à Passy, avenue Raphaël, 4.
[505] Journal des Débats du 28 novembre 1897.
[506] Parce qu’il était Nimois et aussi parce qu’il a beaucoup de talent et qu’il est un parfait galant homme, M. Gaston Boissier est un des écrivains dont Pontmartin a toujours parlé avec le plus de sympathie. Voy. Nouveaux Samedis, t. III.
[507] Voici les titres des sept nouvelles qui composent ce volume: les Feux de paille; le Point d’orgue tragique; l’Impasse; English Spoken; la Veillée; la Véritable auberge des Adrets; Rachel à trois époques.