—Et après encore.
—Je me suis couché et j'ai dormi.»
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Lundi 29 novembre.—Un marchand de bibelots me disait aujourd'hui: «Oh! Marquis (le chocolatier), quand il marchande ici quelque chose, dont il a envie, je ne le lui donne pas pour rien… car ça se voit, son envie… il a un petit tremblement nerveux dans les doigts qui touchent l'objet… Eh bien…, quand il a son tremblement, vous comprenez…»
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Mardi 30 novembre.—Aujourd'hui, à notre ancien dîner de Magny, qui devient un dîner tout politique, et qu'on appelle le dîner du TEMPS, Bardoux a fait, pour la première fois, son apparition. C'est un monsieur, au noir de la barbe rasée d'un prêtre du Midi, aux longs cheveux rejetés en arrière, à la mode chez les universitaires à idées révolutionnaires.
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Mercredi 1er décembre.—Au fumoir de la princesse, on cause, ce soir, des morts, des tués par l'amour dans l'union légitime. Là-dessus quelqu'un parle d'un ménage, apparenté aux de Noailles, dont l'amour longtemps contrarié, s'était dépensé avec une espèce de fureur, après la célébration du mariage. Et il donne un joli détail sur la fin de ces deux agonisants de l'amour. Les médecins avaient défendu tout contact entre les deux chairs amoureuses, et dans un même lit, une glace sans tain séparait les deux amants, sans les empêcher de se voir.
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Lundi 6 décembre.—C'est bon de sentir la reconnaissance de votre talent, de percevoir autour de votre œuvre un mouvement de l'opinion favorable admiratif, respectueux. Je crains toutefois que ça arrive un peu tard, pour en profiter longtemps.