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Mardi 3 septembre.—En entrant au MUSÉE NATIONAL, on voit de l'escalier, par la porte ouverte d'une petite salle à gauche, une tête de diable, au milieu d'objets inconnus et inexplicables.

Je suis entré là dedans, et, regardant bien, je me suis senti froid dans le dos, devant toutes ces inventions de souffrance, devant tous ces instruments de torture, avec lesquels l'homme, pendant des siècles, férocisa la mort. Et mes yeux cherchaient, malgré moi, dans cette féronnerie cruelle, la rouille qui fut autrefois du sang.

Cette salle, cette chambre, est le musée le plus complet de glaives, de chevalets, de fauteuils capitonnés de pointes, de brodequins à vis, de poires d'angoisse, de toutes les imaginations d'une mécanique meurtrière, pour faire, savamment et diversement, souffrir la chair humaine.

Tout ce fer et tout cet acier du bourreau, est entremêlé de moins cruelles curiosités de la vieille justice. Il y a des chapeaux et des queues de grosse paille, qu'on faisait porter aux ribaudes; des manteaux de punition, des sortes de tonneaux, sur le bois desquels était peint, d'une manière galante, par des Watteau de village, le crime qui y faisait enfermer le séducteur; des cages pour immerger, pendant un temps fixé réglementairement, les boulangers, qui vendaient à faux poids; des bonnets d'âne aux oreilles de fer, etc.—enfin, tout un magasin d'accessoires diaboliques, pour terrifier le prévenu, lorsque sa chair avait résisté à la torture.

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Samedi 7 septembre.—La domesticité est si voleuse ici, que tout est enfermé, scellé, et que la maîtresse de maison délivre, de sa propre main, la pincée de sel.

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Lundi 9 septembre.—Départ ce soir de Munich pour la France.

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