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22 juin.—Dîner de Magny.

GAUTIER.—«Les bourgeois! Il se passe des choses énormes chez les bourgeois. J'ai traversé quelques intérieurs. C'est à se voiler la face… La tribaderie est à l'état normal, l'inceste en permanence et la bestialité…

TAINE.—Moi je connais assez bien les bourgeois. Je suis d'une famille bourgeoise… Et puis d'abord, qu'est-ce que vous entendez par bourgeois?

GAUTIER.—Des gens qui ont de quinze à vingt mille livres de rente, et qui sont oisifs.

TAINE.—Eh bien! je vous citerai trente femmes de bourgeois que je connais, et qui sont pures.

UN QUELCONQUE.—Qu'en savez-vous, Taine? Dieu lui-même n'en a pas la certitude.

TAINE.—Tenez, à Angers, les femmes sont si surveillées qu'il n'y en a qu'une qui fasse parler d'elle.

SAINT-VICTOR.—A Angers… mais c'est tout pédérastes, les derniers procès…

… SAINTE-BEUVE.—Mme Sand, Messieurs, va faire quelque chose sur un fils de Rousseau, pendant la Révolution… Ce sera tout ce qu'il y a de plus généreux… Elle est pleine de son sujet… Elle m'a écrit trois lettres, ces jours-ci… C'est une organisation admirable!