—Oui, Monsieur! beaucoup!—a-t-il répondu d'une voix douce, éteinte, dolente et humble,—mais c'est mon poignet qui me fait mal!

—Nous ne pouvons pas vous recevoir. Il faut aller au Parvis Notre-Dame.»

Le vieillard ne disait rien et regardait vaguement l'interne.

—«Et demandez la médecine et pas la chirurgie? lui répéta l'interne le voyant rester immobile.

—Mais c'est là que j'ai mal, reprit doucement le vieillard, en montrant son poignet.

—On vous guérira ça, en guérissant votre toux.

—Au Parvis Notre-Dame,» lui cria, d'une voix où la brutalité s'attendrissait, le concierge, un gros bonhomme à moustaches d'ancien soldat.

On voyait la neige tomber à flocons par la fenêtre. Le vieillard s'éloigna sans un mot avec son chapeau à la main. «Pauvre diable! quel temps! c'est loin!… il n'en a peut-être pas pour cinq jours!» fit le concierge.

Et l'interne nous dit: «Si je l'avais reçu, Velpeau l'aurait renvoyé demain. C'est ce que nous appelons en terme d'hôpital une patraque. Oui, il y a comme cela des moments durs… mais si nous recevions tous les phtisiques… Paris est une ville qui use tant… nous n'aurions plus de place pour les autres!» Cette scène nous a remués plus que tout ce que nous avons vu jusqu'ici à l'hôpital.

Là-dessus nous allons visiter l'ancienne salle de garde, décorée par les peintres, amis des internes, par Baron qui a représenté les Amours malades, reprenant et rebandant leurs arcs, à la sortie de l'hôpital; par Doré, qui a composé une sorte de jugement dernier de tous les médecins passés et présents aux pieds d'Hippocrate; par Français, etc., etc.