[Note 1: J'ai donné l'article en son entier dans PAGES RETROUVÉES, volume publié, l'année dernière, chez Charpentier.]
Donnons le paragraphe incriminé:
«Dans cette boutique, ci-gît le plus beau corps de Paris. De modèle qu'il était, il s'est fait marchand de tableaux. A côté de tasses de Chine se trouve un Diaz, et j'en connais un plus beau. C'est un jeune homme et une jeune femme. La chevelure de l'adolescent se mêle aux cheveux déroulés de la dame, et la Vénus, comme dit Tahureau:
Croisant ses beaux membres nus
Sur son Adonis qu'elle baise;
Et lui pressant le doux flanc;
Son cou douillettement blanc,
Mordille de trop grande aise.
Ce Diaz-là, mes amis, a bien voyagé; mais, Dieu merci, il est revenu au bercail. J'ai vu quelqu'un qui sait tous ses voyages et qui m'a conté le dernier. Mlle ***[2] l'avait envoyé à Mlle ***[3]. Mlle *** l'a renvoyé à Mlle *** avec cette lettre:
«Ma chère camarade,
«Ce Diaz est vraiment trop peu gazé pour l'ornement de ma petite maison. J'aime le déshabillé d'un esprit charmant, je ne puis admettre cette nudité que l'Arsinoé de Molière aime tant. Ne me croyez pas prude. Mais pourquoi vous priverais-je d'un tableau que je serais obligée de cacher, moi!
«Mille remerciements quand même, et croyez-moi votre dévouée camarade.
«***»
[Note 2: Mlle Nathalie.]