Samedi 6 avril.—Je retrouve cette note donnée par Hayashi: «Shitei Samba, romancier et critique japonais (1800) ayant une certaine parenté avec la forme du JOURNAL DES GONCOURT.

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Lundi 8 avril.—Je voudrais faire un livre—pas un roman—où je pourrais cracher de haut sur mon siècle, un livre ayant pour titre: LES MENSONGES DE MON TEMPS.

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Mardi 9 avril.—Tout le bénéfice, qu'a tiré jusqu'à présent la France de la présidence de la République: ç'a été l'encouragement des assassins, par les grâces miséricordieuses que leur a accordées le président Grévy.

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Mercredi 10 avril.—Les anémones, avec leurs pétales lâches mous, affaissés, et avec leurs douces couleurs aux tons passés, mauve, lilas, rose turc, me semblent de vraies fleurs d'odalisques. Elles m'apparaissent aussi ces fleurs, en le coloris de leurs nuances délavées autour de l'aigrette noire de leur calice, comme ayant la tendresse surnaturelle de couleurs, entrevues dans un rêve.

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Vendredi 12 avril.—Ce soir, je brûle les cheveux blancs de ma mère, des cheveux blonds de ma petite sœur Lili, des cheveux d'un blond d'ange… Oui, il faut songer à la profanation qui attend les reliques de cœur, laissées derrière eux par les célibataires.

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