—Très bien, répondit Grévy, c'est ce qu'il faut dans une république.

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Mercredi 23 mai.—Une jolie anecdote, que le général Abbatucci racontait sur lui-même, pendant la campagne de Crimée.

Lors du siège de Sébastopol, dans les trêves entre les deux armées, des bals furent donnés, où les officiers français tentèrent de plaire à des femmes russes. Et pour plaire, en ce moment, où l'on avait une chemise, lavée à la diable par un brosseur, c'était difficile. Le jeune officier n'imagina-t-il pas de repasser le col et les manches de cette chemise, avec ses étriers, dont il fit adroitement des fers à repasser,—repassage qui lui valut les plus grands succès.

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Jeudi 24 mai.—Le beau en littérature est peut-être d'être un écrivain, sans qu'on sente l'écriture.

Ah! si j'avais encore quelques années à vivre, je voudrais écrire sur l'Art Japonais un livre dans le genre de celui que j'ai écrit sur l'Art du dix-huitième siècle, un livre moins documentaire, mais un livre encore plus poussé vers la description pénétrante et révélatrice des choses.

Et ce livre je le composerai de quatre études: une sur Okousai le rénovateur moderne du vieil art japonais; une sur Outamaro, le Watteau de là bas, une sur Korin, et une autre sur Ritzono, deux célèbres peintres et laqueurs.

À ces quatre études, je joindrai peut-être une étude sur Gakutei, le grand artiste des sourimonos, celui qui dans une délicate impression en couleur, sait réunir le charme de la miniature persane et de la miniature du moyen-âge européen.

Quelqu'un conte qu'hier, il est entré chez une fleuriste du boulevard, et qu'un bouquet qu'il trouvait joli, on lui a fait tout bonnement cinq cents francs.