Jeudi 14 octobre.—Aujourd'hui, envoi par Didot de la seconde épreuve de la dernière feuille de la FEMME AU DIX-HUITIÈME SIÈCLE, et réception d'une lettre de Céard, m'annonçant pour demain la lecture de RENÉE MAUPERIN, à l'Odéon.

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Vendredi 15 octobre.—Lecture froide de la pièce, de la pièce réduite par Porel à un duo d'amour.

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Jeudi 21 octobre.—Mme Daudet parle des étranges appartements qu'elle a visités, lorsqu'elle s'est décidée à quitter l'avenue de l'Observatoire. Elle nous a fait la description d'un salon d'une certaine vieille dame toquée, où il y avait des mannequins de messieurs en habit noir, et en cravate blanche, qu'on devait épousseter et brosser tous les matins: mannequins un peu effrayants, et qui faisaient sauver à toutes jambes, une bonne, le premier jour de son entrée.

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Mercredi 27 octobre.—Fichel le collectionneur et l'enthousiaste du dix-huitième siècle, est venu aujourd'hui à Auteuil, tout simplement pour me jeter par la porte, cette phrase: «Vous savez l'EMBARQUEMENT POUR CYTHÈRE est placé dans le Salon carré… Ce que vous avez prédit, il y a vingt ans, est arrivé… j'ai fait la course pour vous l'annoncer!»

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Jeudi 28 octobre.—Porel raconte, ce soir, chez Daudet, que le beau-père de sa femme qui avait gagné près de quatre millions, en trente ans, à fabriquer des uniformes pour les armées du Grand Empereur, disait à ceux qui s'étonnaient, qu'il ne sût pas écrire: «On trouve toujours un imbécile qui sait lire et écrire.»

Il affirme avoir gagné 75 000 francs, avec la reprise du FILS DE FAMILLE, et perdu 80 000, avec le SONGE D'UNE NUIT D'ÉTÉ.