Ce cri me fait plaisir, parce que je le vois prêt à n'être plus l'homme des bouquins, mais tourné à bouquiner de l'humanité.

Dans l'engourdissement de la sieste, le ratissage des allées, me donne la sensation d'être peigné avec un peigne aux dents édentées.

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Lundi 31 juillet.—Une matelote au Vieux Garçon, avec les vieux et les jeunes Daudet, et les Masson.

Le soir, lecture de la pièce d'Hennique: LES DEUX PATRIES. Un prologue très original.

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Mercredi 2 août.—Fête d'Alphonse Daudet. Toute la maisonnée Allard, arrivée de Bourg-la-Reine, dans une voiture aux rideaux de cuir, d'où sortent successivement la mère, le père, les deux petits garçons, Renée, Marthe, Adeline, un petit monde de fillettes, distingué et pas bourgeois. C'est intéressant cette famille, où se sent dans une aisance très restreinte, une allègre insouciance mêlée à un certain désordre artiste.

Le soir, Léon nous lit, dans la Revue Nouvelle, son article sur Hugo, un article tout à fait remarquable, où foisonnent les idées, les images, les coups de lumière, dans une langue superbe. Ce jeune Daudet est incontestablement le premier critique de l'heure présente.

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Jeudi 3 août.—Avant dîner, causerie au fond du parc avec Rodenbach, sur la réforme de l'orthographe, sur cette révolution, non prônée par des littérateurs, mais par des professeurs, et par courtisanerie démocratique au profit de l'école primaire.