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25 février.—A nous convalescents, la santé de Flaubert, grossière, sanguine, et campagnardisée par un plein air de six mois, nous fait paraître l'homme un peu blessant ou au moins trop exubérant pour nos nerfs,—et son talent même se grossit de son encolure dans notre pensée.
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—Les belles choses en littérature sont celles qui font rêver au delà de ce qu'elles disent. Par exemple dans une agonie, c'est un geste sans raison, un rien vague qui n'est pas logique, un rien qui est un symptôme inattendu d'humanité.
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—Pourquoi une porte japonaise me charme-t-elle et m'amuse-t-elle l'œil, tandis que toutes les lignes architecturales grecques l'ennuient, mon œil! Quant aux gens qui prétendent sentir les beautés de l'un et de l'autre art, ma conviction est qu'ils ne sentent rien, absolument rien.
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—Il y a autour de nous une mauvaise volonté du temps et des gens. Nous nous sentons vivre dans une hostilité ambiante. Il est comme une entente, pour nous empêcher de prendre possession, de notre vivant, de notre petit morceau de gloire. Cela ne nous ôte rien de notre confiance et de notre conscience dans l'avenir; mais cela nous est amer de sentir que, pendant toute notre vie, rien ou presque rien ne nous sera payé pour tout ce que nous avons apporté de neuf, d'humain, d'artiste; tandis qu'à côté de nous, le tintamarre des moindres petits talents fait tant de bruit, et que ces petits talents touchent un si retentissant viager.
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—En ce moment nous achetons force mémoires, correspondances, autobiographies, tous documents d'humanité:—le charnier de la vérité.