[447: Le duc de Luynes peint le maréchal de Noailles comme un grand vieillard de soixante-cinq ans, au visage aimable. Retiré et enfermé chez lui depuis des années il vivait dans la plus grande dévotion, une dévotion qui allait jusqu'à se faire dire l'office des morts, couvert d'un drap mortuaire pour l'expiation de ses péchés. Il savait beaucoup de choses, mais assez superficiellement. Avec cela du brillant dans la conversation, beaucoup de badinage dans l'esprit, de la singularité dans l'imagination, des conceptions militaires et l'art de parler au soldat.
D'Argenson qui ne flatte pas ses contemporains dit du maréchal que «c'est un fol et un hypocrite, un bonhomme un peu bilboquet, un brave avantageux, une imagination déréglée conduite par un follet indécent et malin, une cervelle hantée par des songes de la nuit, un noctambule.»
Quant à Saint-Simon, on sait qu'il était l'ennemi personnel du maréchal, et qu'il l'a peint beaucoup trop en noir.]
[448: Mémoires du duc de Luynes, t. V.—Mémoires du maréchal duc de Richelieu, t. VI.—Mémoires du comte de Maurepas, t. IV.]
[449: Là, dans cette conférence entre la mère et le fils, étaient sans doute préparés les événements qui devaient éclater à la veille du départ du Roi pour l'armée: la disgrâce d'Amelot, l'espèce d'exil à Lyon de Tencin qu'on rendait responsable de la malheureuse tentative de Stuart, l'envoi en province de Maurepas sous le prétexte d'une inspection des ports; seul d'Argenson, le ministre de la guerre, qui appartenait au parti de la favorite et des Noailles, devait suivre le Roi.]
[450: Journal historique et anecdotique du règne de Louis XV, par Barbier, 1849, t. II.]
[451: Au maréchal qui implorait la présence du Roi, et le suppliait de voir ses troupes, de visiter ses frontières que le Roi son bisaïeul avait presque entièrement examinées à l'âge de seize ans, Louis XV qui rêvait une action, une bataille, répondait que la seule visite de ses frontières ne lui convenait nullement dans ce moment.]
[452: À propos de cette soirée à l'Opéra, qui eut lieu le 3 janvier 1744, le commissaire de police Narbonne écrit: «Bien des personnes disent que le Roi ne devrait pas mener sa maîtresse avec ses filles.» Narbonne raconte que, à un mois de là (le 9 février), le Roi se rendait avec les deux sœurs, le duc d'Ayen, le comte de Noailles, déguisés de manière à n'être pas reconnus, dans le bal public du Cabaret Royal, bal dont l'entrée était de trois livres, et qui avait été fondé par Cosson, le valet de chambre du comte de Noailles. Le Roi en sortait bientôt en disant: «Voilà un vilain bal!»]
[453: Mémoires du duc de Luynes, t. V.]
[454: Il n'y avait même jamais eu de surintendante d'une dauphine en France; madame de Montespan était surintendante de la Reine.]