L'exécution d'Amelot faite le 27 avril, l'acceptation en principe du
traité par le Roi au commencement de mai, valaient à la duchesse de
Châteauroux comme récompense de ses bons offices, cette lettre de
Frédéric:
«Postdam, le 12 mai 1744.
«Madame,
«Il m'est bien flatteur que c'est en partie à vous, Madame, que je suis redevable des bonnes dispositions dans lesquelles je trouve le Roi de France pour resserrer entre nous les liens durables d'une éternelle alliance. L'estime que j'ai toujours eue pour vous se confond avec les sentiments de reconnaissance. En un mot, Madame, je suis persuadé que le Roi de France ne se repentira jamais du pas qu'il vient de faire et que toutes les parties contractantes y trouveront un avantage égal. Il est fâcheux que la Prusse soit obligée d'ignorer l'obligation qu'elle vous a; ce sentiment restera cependant profondément gravé dans mon cœur[471]. C'est ce que je vous prie de croire étant à jamais,
Madame,
Votre très-affectionné ami,
FRÉDÉRIC[472].»
À cette lettre, la favorite, cinq jours avant son départ pour rejoindre le Roi, répondait par un billet où, dans la satisfaction de son orgueil, sa reconnaissance se mettait pour l'avenir tout au service du souverain qui lui avait écrit.
Plaisance, 3 juin 1744.
_Sire,