—Tiens! si tu leur donnais ton vilain singe?—lança Manette.
—Mon fils adoptif!—dit Anatole.—Ah! bien!…
—Un bronze de Barbedienne?…—reprit Coriolis,—ce n'est pas bien neuf, un bronze de Barbedienne… Ma foi! si je leur rendais, comme lot, un dîner à tous ici… pour la fin de ma convalescence?
—Hum! un dîner…—fit Anatole,—ça sent la fête de famille, un dîner… Donne donc plutôt un souper… c'est toujours plus drôle.
—Oh! mon Dieu, un souper, si tu veux… Mais qu'est-ce qu'on fera avant souper?
—Tout ce qu'on voudra… de la musique religieuse… Une idée!… si on se livrait à un petit tremblement de jambes?
—Moi, d'abord, je mets ça, si on danse…—dit Manette qui venait de passer sur elle une magnifique robe de Smyrniote.
—Mais, ma chère, tu n'y penses pas… ce n'est plus l'époque des bals masqués…
—Bah! si ça l'amuse?—fit Anatole.—Donne-lui cette petite fête-là… Elle ne l'a pas volée… Elle n'a pas eu trop d'agrément ces temps-ci… Garnotelle connaît le préfet de police, il vient de faire son portrait… Il nous aura une permission… Nous aurons un municipal à la porte… C'est ça qui aura de l'œil!… Enfoncés les bourgeois!
Manette, sans rien dire, s'était posée toute costumée devant Coriolis.