Si nous n'avons pas indiqué toutes nos sources, c'est qu'il eût fallu, pour ce faire, doubler notre volume. Le public n'ignore pas que le catalogue des journaux de la Révolution, dressé par Deschiens, forme seul un volume in-8 de 465 pages. La conscience de n'avoir rien pris au roman et de ne lui avoir rien donné, est notre seule excuse dans une tentative si grande.
Il nous reste à remplir un agréable devoir et à satisfaire notre reconnaissance sans nous délier d'elle. Remercions tout haut les obligeances. M. Peyrot possesseur d'une précieuse collection sur la Révolution française l'a mise toute à notre disposition, avec un empressement et une grâce de bon office qui méritent qu'on n'en soit pas oublieux. Un savant trop modeste, M. Ménétrier, nous a communiqué livres et renseignements, de la façon la plus aimable et la plus bienveillante.
Un dernier mot. Pour être complète, l'histoire de la société française pendant la Révolution, demande un autre volume l'Histoire de la société française pendant le Directoire: l'accueil que fera le public à ce premier volume décidera si nous irons jusqu'au bout de notre œuvre.
EDMOND ET JULES DE GONCOURT.
31 janvier 1854.
* * * * *
PRÉFACE DE L'HISTOIRE DE LA SOCIÉTÉ PENDANT LE DIRECTOIRE[37]
L'histoire de LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE PENDANT LA RÉVOLUTION, n'a qu'à se louer du public et de la critique: le public l'a lue; la critique en a parlé.
Des reproches qui ont été faits aux auteurs dans les journaux et les revues, quelques-uns leur ont paru mériter plus particulièrement une réponse.
On a reproché aux auteurs de n'avoir point négligé l'anecdote, le détail, le coin intime des hommes et des choses.—Les auteurs répondront, pour leur défense, qu'ils ont été entraînés dans cette voie par deux anecdotiers, leurs maîtres: Plutarque et Saint-Simon.