Paris, 12 janvier 1857.
Postérieurement à la publication de la première édition de ce volume, j'ai retrouvé, j'ai acquis le commencement des Mémoires autographes de Sophie Arnould[47]. Malheureusement, ce n'est qu'un très petit fragment. Il y a en tout quatorze pages, dans lesquelles Sophie recommence trois fois l'histoire de sa naissance et de ses premières années. Toutefois, quelque incomplet que soit le manuscrit, son existence démontre que les Mémoires annexés aux lettres n'ont pas été fabriqués, qu'ils ont été bien réellement écrits par la célèbre actrice, à la sollicitation d'un ami, d'un teinturier, d'un éditeur dont le nom est resté inconnu.
E. G.
Décembre 1876.
Depuis la publication de cette préface de la seconde édition[48], j'ai eu connaissance d'un article de l'AMATEUR D'AUTOGRAPHES (août 1878) dans lequel M. Dubrunfaut avançait qu'on ne connaissait pas le manuscrit autographe de Sophie Arnould. Si, sans aucun doute, du moins un fragment incontestablement de la main de Sophie,—les quatorze pages que je possède,—et où elle recommence trois fois l'histoire de sa naissance et de ses premières années. Seulement, alors je croyais à une suite autographe des Mémoires, peut-être perdue, peut-être enfouie dans quelque collection inconnue; à l'heure présente je n'y crois plus guère; je suis presque convaincu que la paresseuse artiste, que l'écriture n'amusait pas, s'est arrêtée à la quatorzième page, et que les mémoires manuscrits que j'ai entre les mains,—sauf le commencement,—par un certain Talbot, sur la commande de Loiseau, n'ont pas été rédigés, dis-je, sur un brouillon de la chanteuse, mais bien d'après ses confidences et ses conversations. Cela est confirmé par le prospectus du livre qui a seul paru et que je possède également. Et ce prospectus, je le donne comme l'annonce d'un livre construit d'une manière assez originale pour le temps, et qui devait contenir des lettres et des documents que je ne retrouve pas dans les papiers de Talbot en ma possession.
Prospectus.
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