--Des contes à mourir de peur! dit Madame ***.

--Madame,--répondit Frantz avec un sourire,--il faut bien s'amuser à quelque chose, à la campagne.

--Et vous laissez refroidir votre thé?--lui dit Édouard.

--Madame, c'est une autre histoire que je veux vous conter. Cassio Burroughs était le plus beau garçon de Londres. Ajoutez qu'il était bretteur. Il eût tué tout le monde, si tout le monde avait voulu se battre en duel avec lui.--En sorte qu'il avait pour maîtresse une grande dame, une Italienne. Comme elle était à son lit de mort, elle lui fit jurer de ne jamais dire ce qu'il y avait eu entre elle et lui. Cassio pleura. La femme mourut. Un soir à la taverne,--Cassio buvait, madame,--Cassio but et parla. Depuis lors, à toutes ses orgies, à côté de lui vint s'asseoir la belle Italienne. Le matin de son dernier duel, l'Italienne vint le prendre par la main et le conduisit jusqu'au terrain.

--Ah! le beau drame!--fit Hector.

--Je ne l'ai pas fait.--Et Frantz s'inclina froidement.

--Voulez-vous encore une tasse, ma luguore Schéhérazade?--Et madame *** s'apprêtait à servir Frantz.

--Mille remercîments.

--Et vous croyez aux apparitions?

--Si j'y crois?.... Madame, si j'y croyais, je serais fou.