En 1799 Hokousaï publie Azouma Asobi, PROMENADE DE L'EST (Promenade de la capitale de l'Est, qui est Yédo), un volume en noir, republié en trois volumes en couleur, l'année 1802.

Des intérieurs de ville et des paysages vilainement coupés de langues de nuages rouges, couleur de soleil couchant, dissimulant tout ce que l'artiste ne trouve pas d'intérêt à dessiner, procédé qu'abandonna plus tard Hokousaï.

Dans le premier volume: la vue intéressante du temple sinthoïste Shimméi avec sa sobre architecture, et le pont de Nihon-bashi avec la foule grouillante qui l'emplit tout le jour.

Dans le second volume: une boutique de nori, la plante marine comestible dont il se fait au Japon une grande consommation; une maison de thé où se tient sur la porte une guésha; une rue du quartier marchand de Sourouga-tebô; une boutique de poupées à Jikkendana, avant la fête des filles, avec les pyramides des caisses, le petit monde de ses vendeuses, la queue interminable des acheteurs allant jusqu'au bout de la rue; une teinturerie à la porte de laquelle un teinturier tend ses étoffes; une tuilerie; l'hôtel des Hollandais, Nagasakiya, devant lequel un rassemblement de curieux regarde trois habitants de l'hôtel à une fenêtre; la boutique du libraire Tsoutaya, l'éditeur d'Outamaro, avec sa marque faite d'une feuille de vigne vierge surmontée du pic de Fouzi-yama, sur une lanterne, et ses piles d'images, et ses commis en train de faire des rangements, et l'annonce de ses albums nouveaux sur les planches de bois de la devanture.

Dans le troisième volume: la cour du temple Asakousa emplie de la presse des acheteurs et des acheteuses devant les petites boutiques de la cour; un atelier d'armurier où un ouvrier martèle une pièce et où sont suspendus une selle, des étriers, des gants pour l'escrime du sabre.

XII

Avec les livres et les sourimonos mis au jour par Hokousaï depuis 1778 jusqu'à la fin du siècle, il est de toute nécessité de cataloguer les planches publiées séparément par l'artiste pendant ces vingt années.

D'abord, dans ces planches publiées séparément,—quoique souvent réunies en albums,—ce sont vers 1778, avons-nous déjà dit, des impressions d'acteurs ressemblant tout à fait à des Shunshô, et tirées dans des tons jaunes avec un rien de coloration rosâtre, d'une harmonie un peu triste.

Et parmi les rarissimes estampes de ces années, il y a un Kintoki entre un singe et un chien portant son coffre; un petit Japonnais riant d'un pêcheur auquel une pieuvre s'est attachée; des têtes caricaturales destinées à être découpées pour l'amusement des enfants; des promenades de Japonaises dans des campagnes désagréablement coupées par ces nuages rouges qui sont des imitations malheureuses des bandes de poudre dorée des anciens rouleaux. Au fond, des reproductions assez grossières de dessins que ne recommande pas encore aux éditeurs un nom connu.

Vers 1793, une belle planche représentant le corps à corps de deux lutteurs aux anatomies éléphantines.